25 octobre 1914

par LES VOIVRES 88240  -  25 Octobre 2014, 17:56  -  #HISTOIRE

La cavalerie anglaise gagne le front
La cavalerie anglaise gagne le front

Ce qui faisait l’actu dans nos journaux il y a tout juste cent ans.

Situation en France

Les communiqués ne signalent que quelques fluctuations sans grande importance. L'effort désespéré des Allemands pour percer les lignes de l’Entente se brise contre les troupes alliées entre Nieuport et La Bassée.

Le journaliste du Temps soutient le moral de ses lecteurs en rappelant un fait historique, qu’ «aux environs de la Bassée et de Lens, Louis II de Bourbon-Condé, après trois jours de combat, remporta, le 20 août 1648, la grande victoire qui réduisit l'empereur Ferdinand à signer les traités de Westphalie qui mettaient la Germanie hors d'état de nuire pour quelque temps. »

Sur les autres théâtres d’opération

En Belgique, la bataille se poursuit très violente entre Nieuport et la Lys, des forces allemandes ont franchi l'Yser entre Nieuport et Dixmude. Dans la campagne russe sur la Vistule, les Allemands reculent le long des rivières Rayka, Skernovka et Kylkâ, Les villes de Lovietz, Skiernievice et Rava sont enlevées par les Russes à la baïonnette.

En Galicie, sur les rives du San et au sud de Przemysl, les combats continuent avec acharnement. La tentative des Autrichiens pour tourner l'aile gauche russe au sud de Przemysl échoue.

Et pendant ce temps-là dans le Nord-Pas-de-Calais

Le journal Le Temps consacre un grand article sur les combats de cavalerie devant La Bassée, en voici l’essentiel :

« L'ennemi ayant échoué en premier lieu devant Roye et Albert, en second lieu devantArras, dans ses tentatives d'enveloppement de l'aile gauche française, a cru qu'il serait plus heureux dans la région comprise entre Béthune, Merville, Bailleul et Armentières. Il entreprenait, à la date du 14 octobre, un mouvement offensif déterminé en suivant le cours de la Lys. Appuyé sur sa droite par ses éléments de cavalerie, qui avaient traversé la rivière vers Erquinghem, il imprimait à son gros des troupes une direction sud-sud-ouest dans le but évident de contourner Béthune et de s'emparer des lignes de chemins de fer employés, pensait-il, à approvisionner notre aile gauche.

Nous avions déjoué cette manœuvre. C'est à ce moment que se produisirent ces combats de cavalerie.(…) Dans cette partie du Nord, essentiellement agricole, ce ne sont que rivières, canaux, fossés profonds; la propriété y est divisée comme en Normandie par des haies ou des plantations qui rendent les communications d'un champ à l'autre extrêmement difficiles. Excellente pour une guerre d'embuscade, cette région est la moins propice qui soit pour des combats de cavalerie.

Néanmoins, nos cavaliers s'y sont battus avec honneur à Estaires, à Fleurbaix, à Vieille-Chapelle, à Lacouture, à Richebourg.

À Vieille-Chapelle une maison dans laquelle un uhlan et un chasseur à cheval, ayant été démontés sur la route, avaient pénétré le sabre à la main. Dans la cuisine, vaste comme toutes les cuisines de campagne, le uhlan et le chasseur se sont battus au sabre en un combat singulier. Le sang a giclé sur les murs peints à la chaux. Tous deux blessés à mort dans ce duel épique sont allés tomber à quelques mètres de la ferme. Leurs tombes sont aujourd'hui voisines. »

Insolite

Ci-après un témoignage, intense et dur, de la violence des combats que Le Journal du Jura a publié, c’est une lettre d'un soldat d’infanterie français, qui est reprise par le Journal Le Temps en voici quelques morceaux choisis :

« Nous avons eu une très chaude affaire à H… Nos officiers nous ont expliqué qu'il fallait à tout prix enlever la position pour empêcher l'ennemi de passer la M. plus au nord. L’attaque a été faite par toute la division, avec une très forte artillerie. Ce fut un véritable enfer. Grâce au brouillard, nous avons pu approcher assez près, mais en nous couchant dans les marais et en avançant par bonds, de sorte que nous étions couverts d'une carapace de boue. Les balles commencèrent à pleuvoir quand nous nous embarrassâmes dans des fils de fer. J'avoue que ça fait, au début, une drôle de sensation, mais le capitaine pour lequel nous nous ferions tous tuer nous a dit C'est le moment où chacun doit se comporter de façon à ne pas avoir à rougir après la bataille. Je compte sur vous. Si la compagnie recule, je me tue !

Nous étions tout de même en assez mauvaise posture, et des hommes tombaient à chaque instant. C'est alors que le 75 est entré en jeu. Dès les premiers coups de canon nous nous sommes mis debout, sans souci des balles. Au reste, ça n'a pas été long. Le 75 est vraiment un instrument terrible. En moins de trois minutes, la position a été littéralement nettoyée. Nous nous y sommes précipités tête baissée, mais le travail était fait. Une vingtaine de Bavarois survivants se sont rendus, Ils paraissaient hébétés. Seul, un officier, blessé a tué un de nos sous-officiers d'un coup de revolver. Il a été tué d'un coup de baïonnette. La position de H. a été occupée par un bataillon de turcos, et nous sommes revenus dans notre tranchée. Il nous manquait, hélas! Quarante-quatre- hommes ! Ce qui impressionne le plus, c'est de voir l'attitude des morts tués par le 75. En apparence, la plupart d'entre eux ne sont pas blessés. Ils restent dans la position où ils ont été frappés, avec les yeux exorbités et un filet de sang aux lèvres. »

Il y a cent ans : la course à la mer les combats font rage dans le Nord et l'Est de la FranceIl y a cent ans : la course à la mer les combats font rage dans le Nord et l'Est de la France
Il y a cent ans : la course à la mer les combats font rage dans le Nord et l'Est de la France

Il y a cent ans : la course à la mer les combats font rage dans le Nord et l'Est de la France

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

MUNIER Bernard 29/10/2014 10:42

La liberté et la démocratie sont fragiles, il faut toujours rester vigilant pour les défendre

NOEL 29/10/2014 10:11

Il s'agit effectivement de Ménil-sur-Belvitte.
« La situation se dégradant dans les Vosges, les Allemands tentent de percer vers le sud, par la trouée de Charmes, entre Baccarat et Raon-L’étape. Des troupes françaises sont envoyées en renfort. Le régiment (le 157ème Régiment d'Infanterie de Ligne) rembarque donc le 23 à Belfort pour rejoindre St-Dié où il arrive le 25 août.
A marche forcée, il rejoint le village de Ménil-sur-Belvitte qu’il faut absolument défendre afin de s’emparer du col de la Chipotte, carrefour crucial au bord des Vosges tenu par les Allemands. Du 25 au 1er septembre, de nombreuses attaques successives de tous les bataillons du 15/7 et d’autres régiments permettent enfin à la 44ème Division de reprendre le col de la Chipotte après avoir reconquis le village de Ménil-sur-Belvitte.
Mais à quel prix ! 401 combattants du 15/7 périrent le 28 août à Ménil. »

Extrait de : Colonel Hubert Tassel, Président de l'Amicale Ubayenne des Chasseurs Alpins.
[ Texte écrit pour la cérémonie commémorative du 11 novembre 2009 à Barcelonnette ]

A l'approche de la Toussaint et du 11 Novembre, les médias "mettent le paquet". Avec, notamment hier soir, sur France 3 « Ceux de 14 » et sur LCP « Fusillés pour l'exemple ». C'est très bien pour le Devoir de mémoire et, comme on dit, je m'en félicite. Reste que le présent et l'avenir, sans atteindre, je l'espère, les sommets "apocalyptiques" de 14-18, demeurent préoccupants.

Munier Bernard 28/10/2014 19:30

Jules Munier c'était mon voisin, ce n'est pas la même famille et à ce jour parce que les héritiers sont restés longtemps dans l’indivision il y a encore des champs sur le cadastre marqués à son nom.
Sa veuve est morte en 69, elle avait eu droit à un bureau de tabac. Quelle ironie pour un hameau si petit;
Et Ménil sur Belvitte. Je me rappelle d'un repas de planteurs de tabac prés de Sion. Et devant la plaque de Maurice Barrés, un des planteur habitant Ménil sur Belvitte, nous racontait ces jours terribles où le gouvernement avait donné l’ordre de ne plus reculer.
Et ils n'ont pas reculé, et la bataille de la Marne, dont l'histoire n'a retenue quelle, n'a pu être victorieuse que parce que son flanc droit s’appuyait sur les régiments de Fer qui ont tenu bon

NOEL 28/10/2014 19:11

A cette date, quatre des noms inscrits sur le monument aux morts de Les Voivres avaient déjà disparu dans la tourmente :
- Alphonse Stark, le 09/08/1914 à Sainte-Marie aux Mines (68)
- Paul Marchand, le 21/08/1914 à Abreschviller (57)
- Emile Hocquaux, le 25/08/1914 à Ménil-sur-Belville (88)
- Jules Munier, le 25/08/1914 à Bazien (88)
et peut-être
- Camille Gérard dont on ignore date et lieu de décès.