Centenaire de la mobilisation 1er août 1914

par LES VOIVRES 88240  -  1 Août 2014, 10:12  -  #HISTOIRE

En ce jour anniversaire de la mobilisation d’août 1914, il serait bon de rappeler certaines vérités que les manuels d'histoire officiels ne nous apprennent pas.

Tout d'abord il n'y a pas de bonnes guerres.

Ensuite quand on vous explique que tout le monde s’attendait à mener une guerre fraiche et joyeuse car il était, d'après nos chers dirigeants, impossible qu'une guerre moderne dure longtemps, les moyens en hommes et en matériel seraient vite épuisés, et bien, ,on a une fois de plus menti.

Et nous resterons polis.

1861- 1865 : Guerre de Sécession entre le Nord et le Sud des États-Unis, 628 000 morts pour 2 800 000 combattants et une population de 35 millions de personnes.

Et toute la puissance de l'industrie moderne mobilisée avec l'emploi des obus pour remplacer les boulets; des fusils à canon rayés utilisant des balles et des fameuses mitrailleuses.

Cette guerre a été suivi de prés par tous les états major occidentaux, français, allemands, anglais ou russes.

Et elle a duré 4 ans avec des moyens tellement modernes que Jules Verne dans son roman De La Terre à La Lune, s'est inspiré de leur puissance pour en imaginer un qui enverrait ses héros dans la lune.

On peut continuer, 3 juillet 1866, guerre de Sadowa entre la Prusse de Bismarck et l'Autriche. Et nouveau champ d'expérience pour l’industrie de l’armement, idem pour les joyeusetés de1870 en France et de 1904 en Sibérie entre la Russie et le Japon.

Et nos états-majors nous assurent tranquillement que, ben oui on a été surpris, on ne s’attendait pas à çà.

Il est évident que quand on lit le Manuel d'infanterie du soldat français oui, on comprend que les têtes pensantes étaient tout bonnement soit des incapables ou des criminels.

Ou les deux.

Ils portent aux nues la charge à la baïonnette qui devait en 1914 emporter la décision .

Nous ne mentionnerons pas le fameux pantalon garance prévu selon eux pour que le sang des blessés se voit moins et ne vienne briser le bel élan de nos piou-piou.

En fait le lobby des producteurs de garance du midi pesait de tout son poids pour que l'armée utilise toujours leur production. Et le fameux casque Adrian qu'il fallu atendre de longs mois, alors qu'il aurait suffi de copier le casque allemand bien plus efficace avec son protège nuque. Il est vrai qu'un sodat français n'a pas besoin de se protéger le dos car il ne fuit pas.

Et les gaz que l'on traitaient comme de la poudre à éternuer et les hommes tous en première ligne dans des tranchées qui n'étaient que des cloaques car il fallait foncer en avavnt et il ne servait donc à rien de s'installer dans de meilleures conditions.

Et c'est comme cela q'une guerre fraiche et joyeuse se transforme en une boucherie qui a ruinée et dépeuplée nos campagnes.

Centenaire de la mobilisation 1er août 1914Centenaire de la mobilisation 1er août 1914
Centenaire de la mobilisation 1er août 1914Centenaire de la mobilisation 1er août 1914
Centenaire de la mobilisation 1er août 1914Centenaire de la mobilisation 1er août 1914
Guerre de Secession, première longue guerre industrielle.Guerre de Secession, première longue guerre industrielle.
Guerre de Secession, première longue guerre industrielle.
Guerre de Secession, première longue guerre industrielle.Guerre de Secession, première longue guerre industrielle.Guerre de Secession, première longue guerre industrielle.

Guerre de Secession, première longue guerre industrielle.

Sadowa, 1866.
Sadowa, 1866.

Sadowa, 1866.

Août 1914, la Belgique est envahie, mobilisation générale.
Août 1914, la Belgique est envahie, mobilisation générale.
Août 1914, la Belgique est envahie, mobilisation générale.
Août 1914, la Belgique est envahie, mobilisation générale.

Août 1914, la Belgique est envahie, mobilisation générale.

A 16 heures Munier André est allé sonner le tocsin à la Chapelle.Suite à l'assassinat du grand duc à Sarajevo après 4 à 5 jours d'une partie de dominos menés par des dirigeants imbéciles dont le seul souci était de placer la barre des exigences un peu plus haut que l'adversaire, les cloches annoncèrent la mort.

Et dans ce jeu absurde ce ne fut pas l'Allemagne qui fit le plus assaut de surenchère.

Et pour ce qui était de l'impossibilité de l'industrie de soutenir le rythme de consommation des canons modernes nous allons vous donner un seul chiffre.

Soixante six millions de tonnes de munitions d'armes chimiques furent déversées sur le sol des champs de bataille. On peut dire que l'industrie a su répondre à la demande.

Centenaire de la mobilisation 1er août 1914Centenaire de la mobilisation 1er août 1914
Centenaire de la mobilisation 1er août 1914Centenaire de la mobilisation 1er août 1914
Centenaire de la mobilisation 1er août 1914Centenaire de la mobilisation 1er août 1914Centenaire de la mobilisation 1er août 1914
Centenaire de la mobilisation 1er août 1914Centenaire de la mobilisation 1er août 1914
Centenaire de la mobilisation 1er août 1914
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N
Le téléfilm "Blanche Maupas" de Patrick Jamain, programmé hier soir sur France 3, reflète bien ce que nous avons écrit sur cette boucherie que fut la guerre de 14-18.
Tout y est : l'ambiance de la mobilisation avec l'époque des moissons, le rôle du maire, le tocsin ; la tenue des soldats avec ce pantalon rouge (titre d'un autre film d'ailleurs) ; la foi dans les États-majors dans un premier temps ; l'horreur des tranchées ; l'esprit criminel de certains chefs et dirigeants. Cet épisode s'appuyant sur un fait réel où « des Français ont tué des Français » est (rétrospectivement car tous ne partageaient pas ce sentiment ) évidemment révoltant, choque par ces condamnations à mort expéditives. Heureusement la ténacité d'une femme, et l'Histoire a montré le rôle majeur qu'elles ont tenu (certaines, comme sur une affiche célèbre, tirant une charrue, remplaçant ainsi les animaux réquisitionnés) parviendra à "sauver la morale".
Même si ce n'était pas la première fois que je voyais ce film, j'ai été profondément touché par l'histoire, d'autant que le rôle de l'Artillerie (on peut se tromper mais ne pas persister et reconnaître ses erreurs) n'est pas particulièrement reluisant et que, précisément dans mes jeunes années d'artilleur (1965-1973) j'ai souvent été en manœuvres dans cette région de Champagne si meurtie.
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N
Oui, ce dessin d'un « enfant avec un fusil trop grand » me fait immédiatement penser à un article du "Point" sur lequel je m'étais appuyé pour argumenter dans un forum animé par des Anciens Enfants de Troupe de l'EMP (aujourd'hui Lycée militaire) d'Autun. Je le (re)cite donc.

« À l'aube de la Première Guerre mondiale, le jeune écolier français qui se rend à l'école chaque matin de la semaine est loin de savoir ce qui se trame autour de lui. Et pourtant, le système scolaire a été savamment imaginé sous la IIIe République. Les programmes, les manuels, les instructions données aux professeurs ou encore les matières sont construits pour faire de cet écolier un bon citoyen patriote. L'esprit républicain qui veut faire sa place depuis 1870 en France n'est pas le seul facteur. La perte de l'Alsace-Lorraine et l'idée qu'un conflit armé proche poussent la France à faire de l'école un des instruments de son patriotisme républicain et de sa propagande. Les éléments les plus marquants de ce patriotisme scolaire restent les manuels utilisés au cours de cette période. Entre Le tour de France par deux enfants et le manuel d'histoire rédigé par Ernest Lavisse, l'image de la France donnée aux écoliers est celle d'un pays qui, par sa géographie et son histoire, vit depuis la nuit des temps dans l'unité et l'amour de la patrie. C'est en cela que la frontière entre patriotisme et propagande est très fine, voire difficilement détectable.

Du Tour de France par deux enfants au "petit Lavisse"

Deux jeunes enfants lorrains français promettent à leur père sur son lit de mort de retrouver leur oncle. Orphelins, ils reviennent en France clandestinement, laissant derrière eux la Lorraine aux mains des Allemands, et parcourent la France en découvrant les beautés de ce pays. Voilà ce qu'est Le tour de France par deux enfants. Ce livre, écrit en 1877 par Augustine Fouillée sous le pseudonyme de Bruno, est le manuel principal de l'école primaire en cette fin du XIXe siècle. Ce qui semble être aux premiers abords un manuel de géographie noyé dans un récit romancé a aussi et surtout des visées moralistes et civiques. Dans la lecture et l'étude de cet ouvrage, l'écolier français apprend les valeurs morales de la République.

Utilisé jusque dans les années 1950, cet ouvrage connaît un franc succès et devient le premier outil des idées patriotiques de la République. Cependant, ce manuel n'est pas le seul à faire preuve d'une morale et d'un patriotisme assumés. Le second livre-clé de ce système scolaire français est le "petit Lavisse". C'est le nom donné au manuel d'histoire de France rédigé par Ernest Lavisse. Édité en 1876 pour la première fois avant de nombreuses rééditions, il est l'instrument principal de l'esprit patriotique. Chaque récit d'événement historique est mis en lien avec cet objectif d'instruction civique. Par exemple, pour illustrer la défaite d'Alésia de Vercingétorix, il est précisé : "On n'est jamais sûrs d'être vainqueurs, mais on peut sauver l'honneur en faisant son devoir de bon soldat."

Ces deux ouvrages sont complétés par les paroles quotidiennes des instituteurs. C'est pourquoi la IIIe République n'oublie pas de les inclure dans leur stratégie scolaire. Une revue hebdomadaire, L'instruction primaire, destinée à ces instituteurs permet d'exercer un certain contrôle. Par cet outil, la République délivre non seulement les informations officielles à transmettre aux écoliers, mais également des conseils pédagogiques forts et clairs. Dans la parution du 30 décembre 1883, un passage donne une définition de la patrie. Il est indiqué que "servir son pays est un devoir et un honneur". Les écoliers ne sont donc pas seulement entourés d'ouvrages écrits, les instituteurs participant également à ce patriotisme et à cette forme de propagande scolaire.

L'éducation militaire au service de la nation.

Les paroles civiques ou morales ne sont pas les seules preuves de l'envie d'une préparation à tout affrontement armé. Une dimension militaire est ajoutée à l'école. On veut faire de chaque citoyen un potentiel soldat pour la défense de la patrie. Cela est visible dès 1881 et la création d'une Commission d'éducation militaire sous l'impulsion de Paul Bert, ministre de l'Instruction publique. Enseignement de la marche militaire, apprentissage du maniement des armes ou encore exercices de tir sont au programme du quotidien des jeunes écoliers et lycéens. Ils vivent dans ce sentiment de mobilisation continu qui fait d'eux des soldats prêts au combat. Les grandes victoires militaires de la nation sont rappelées dans les livres mis à la disposition des écoliers. Ils grandissent également dans le souvenir de la défaite face à l'Allemagne de 1870 qui a amputé la France d'une partie de son territoire avec la perte de l'Alsace-Lorraine. Ces thèmes participent activement à l'éducation militaire du jeune Français. L'idée d'une revanche n'est pas exprimée clairement. Seule plane l'idée d'un possible conflit armé proche d'où vient la nécessité de rester prêt à répondre à l'appel de la République pour défendre la patrie.

Ce patriotisme à l'extrême se rapproche de la propagande par de nombreux aspects. L'insistance sur l'amour de la patrie ou encore le bon comportement du citoyen français expriment clairement une volonté de transmettre les idées républicaines aux Français dès le plus jeune âge. La croissance de ces écoliers dans le sentiment d'une mobilisation militaire illustre une nouvelle fois cette stratégie de la IIIe République de préparer la nation à un conflit qui s'annonce proche. L'expression de la blessure laissée par la perte de l'Alsace-Lorraine ajoute à ce tableau. Cependant, tout cela formate l'école qui devient l'instrument de la République plutôt que le lieu d'épanouissement de la jeunesse française. »
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M
J'ai fait ce dessin à partir d'une photo de la première femme reporter de guerre Gerda Taro. réfugiée en Franc pour fuir les nazis, elle a ouvert la guerre d’Espagne avec son ami Cappa qui par la suite a pris cette photo le jour du débarquement d'un marine couché dans l'eau derrière un Elle est tombée du marchepied d'une voiture et est morte écrasée par un char républicain ami. le texte est tiré de la chanson de Bernard Lavilliers
N
D'accord avec tout ce qui est écrit... y compris sur les armées. Je veux seulement ajouter une phrase qui est à la mode actuellement : « c'est bien plus compliqué que cela » et il est absolument nécessaire de s'imprégner de tout ce que l'on peut trouver sur internet, dans les livres, les films, les documentaires, les témoignages, tous documents, etc.? pour se faire soi-même une idée de cette tragédie. Pour Les Voivres, puisqu'il s'agit surtout d'un blog consacré à cette commune, nous n'avons, hélas, pas grand-chose à nous "mettre sous la dent" en ce qui concerne le thème de la mobilisation d'une part et peu d'archives en général. Étonnant tout de même...
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M
Je n'ai pas la télévision mais j'ai lu dans le suplèmént télé du nouvel Obs la critique et ils en disaient le plus grand bien. Mais on ne peut jamais vraiment comprendre les souffrances des autres même quand ce sont des personnes très proches. Ce qui me touche le plus, ce sont les photos d'époque de ces poillus. ils ont tous une âme au fond de leur regard.
M
On dit toujours que les gens tranquilles n'ont pas d'histoire. En fin de compte d’après les dernières études sociologiques c'est les petits qui n'ont pas d'histoire car on ne leur donne pas l'occasion de s'exprimer.
Sur les plaques du monument que je vais partager il y a en haut un Jules Munier. Ce n'est pas parent mais voisin, juste à côté.
Tué en août 1914, sa veuve est morte en 1969. Elle a fait eu droit à tenir un bureau de tabac dans notre hameau de 15-20habitants.
Le litre du sang des pauvres est bon marché.