Que vous soyez puissants ou misérables vous aurez ou non une bonne retraite

par LES VOIVRES 88240  -  15 Mars 2018, 04:12  -  #Cultivar

Sénateur Jackie Pierre : « Un coup de force ».

Sénateur Jackie Pierre : « Un coup de force ».

"Les deux sénateurs vosgiens, Jackie Pierre et Daniel Gremillet, sont intervenus cette semaine dans le cadre d’un débat sur la revalorisation des retraites agricoles. En chœur, les deux élus, tous deux issus du monde agricole, dénoncent un coup de force du gouvernement qui a bloqué une proposition du groupe communiste visant à revaloriser les retraites agricoles grâce à l’article 44-3 de la constitution, très rarement utilisé.

La proposition, votée à l’unanimité par les députés et sénateurs, prévoyait notamment de faire passer le minimum garanti pour les anciens chefs d’exploitation de 75 % à 85 % du SMIC net agricole. Ce qui aurait fait passer la retraite de 871 euros à 987 par mois.

Le gouvernement a donc gelé ce texte par un amendement qui propose de reporter cette réforme en 2020 et par une procédure rare de « vote bloqué »."

Lu dans Vosges Matin

Le sénateur Daniel Gremillet lors de l'inauguration de la maison des Services à Bains Les Bains

Le sénateur Daniel Gremillet lors de l'inauguration de la maison des Services à Bains Les Bains

Nous ajouterons notre coup gueule à ceux des deux sénateurs des Vosges, Jackie Pierre et Daniel Gremillet. Nous sommes certains aussi qu'un de nos plus fidèles et interactifs lecteurs, Jean Noël, y ajoutera le sien.

Nous évoquions justement il y a peu, en parlant de Roland Didier, Roland Didier l'agriculteur, ce que la France devait à la profession.

Dans les années soixante, lui et ses compagnons ont œuvré pour mettre en place une agriculture moderne en France qui, non seulement a permis de nourrir correctement la population mais a dégagé des excédents. Cette branche de l'économie est un des secteurs qui fait rentrer des devises dans le pays. Maintenant les français peuvent se nourrir avec des produits de qualité et à bas prix. Depuis des décennies le gouvernement profite des denrées agricoles vendues le moins cher possible pour combattre l'inflation.

On pourrait s'attendre à ce que nos dirigeants aient au moins la reconnaissance du ventre. Même pas, ce serait trop demander. Le croquant donne, travaille à perte et eux se servent et les contraignent à finir leur vie dans la misère. Pour beaucoup d'entre eux il n'aura même servi à rien de cotiser. Ils auraient autant sinon plus avec le RSA. Ma mère est dans ce cas. Sans la pension de réversion de mon père, elle serait dans la misère, sans même pouvoir payer sa facture de chauffage. Et combien d'autres sur la seule commune de Les Voivres sont dans le cas là.

Oui c'est vrai, souvent il n'y avait qu'un seul conjoint déclaré comme chef d'exploitation. Mais il étaient deux à travailler, ils étaient deux à produire l'alimentation des français et à enrichir le pays.

Tout le monde à la mémoire courte. Pour le commun, c'est normal. Mais que nos énarques, nos présidents, nos technocrates, oublient que dans les années d'après guerre, même dans une France libérée du joug de l'occupant et de son pillage des denrées alimentaires, qu'ils oublient, ou fassent semblant d'oublier que nos concitoyens avaient faim dans ces années là, c'est inacceptable.

Les français avaient faim et les tickets de rationnement avaient toujours cours car la France n'était pas auto-suffisante en denrées agricoles. Elle avait besoin de l'apport des colonies pour survivre tant bien que mal.

Ce sont ces agriculteurs qui depuis leur enfance, avant même d'être sortis de l'école, se sont éreintés à travailler sur la ferme familiale, puis se sont usés la santé pour l'agrandir, la moderniser, faire vivre leur famille et nourrir le pays que nos dirigeants veulent laisser dans la misère.

Ce sont ces personnes qui en acceptant de produire toujours plus pour toujours moins cher, ont permis aux ménages français de vivre décemment en ne consacrant qu'une partie de plus en plus réduite de leur budget au poste alimentation.

Ce sont ces hommes et ces femmes qui par leur travail, leurs efforts pour mieux produire ont permis que le kilo de bœuf puisse être acheté par la ménagère à un prix abordable, que la calorie alcool ne soit plus, comme c'était le cas il n'y a pas bien longtemps, celle qui permettait de calmer sa faim à meilleur marché, que la part du blé dans le coût de fabrication d'un pain soit maintenant si ridiculement faible que, s'il était gratuit, çà ne changerait pas grand-chose. Ce sont eux qui se voient refuser le droit de prendre leur retraite dans des conditions décentes.
Ces mêmes gouvernants après guerre, de peur de voir le pays bloqué par de grandes grèves et manquer d'énergie, ont accordé la retraite à 55 ans aux mineurs et aux cheminots en invoquant le fait que c'était un métier pénible. Sans doute que pour le gouvernement un agriculteur n'a pas un métier pénible. Il ne respire pas de produits toxiques, il ne porte pas de lourdes charges, il ne se casse pas le dos sur son tracteur. Il travaille dans un environnement bucolique.

En fait, messieurs les décideurs, les agriculteurs se tuent en travaillant, les agriculteurs ont un taux de suicide effroyable. Vous pourriez au moins avoir la décence de le reconnaître et de donner la possibilité aux survivants de finir leur jours à l'abri du besoin.

 

 

 

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J
« Nous sommes certains aussi qu'un de nos plus fidèles et interactifs lecteurs, Jean Noël, y ajoutera le sien. »

Bernard me fait beaucoup d’honneur et, même si j’avais l’intention de "cracher mon venin" en ce jour de manifestation au détour d’un commentaire de l’un de ses articles, il me prend un peu au dépourvu, obligé que je suis de batailler aussi avec ma connexion Internet qui me joue des tours.
Pour tout dire, mon intention était de me mettre en grève (virtuelle), aujourd’hui à deux titres : celui de retraité « nanti » et à l’occasion « fainéant », et à celui de potentiel candidat à un des EHPAD du secteur. Mais puisque Bernard me pousse (parfois, point n’en est besoin) dans mes derniers retranchements, je vais donc suivre sa subliminale invitation, « et en même temps » tenter de mater cet ordinateur aussi rebelle que pourtant utile.

Comme je l’ai déjà écrit, ce n’est pas tant le fait d’aider le Président (comme il l’a demandé hier à Tours dans une fausse attitude compassionnelle mais toujours extrêmement soucieux de son image, bisant telle octogénaire, "onctionnant" telle autre) face à des dames, j’en cite une, « qu’il a bien pompées », que la méthode employée par lui et sa cour béate d’admiration que je veux critiquer.

La ritournelle assénée à l’envi des « j’assume » est devenue le leitmotiv de ce président – même s’il ne veut pas l’entendre – des riches ainsi que de son entourage outrageusement complaisant. Je réponds à ces spoliateurs : facile d’assumer avec l’argent des autres ! Au fait que signifie « j’assume » dans la bouche d’un politique, d’un haut fonctionnaire navigant entre sa place gardée bien au chaud dans son administration et postes gouvernementaux ou d’un grand patron ? Je n’ai pas l’impression, par exemple, que ses prédécesseurs ont bien assumé ni - au passage - la suspension du Service militaire que chacun cherche maintenant à se réapproprier, ni le déficit de la SNCF généré surtout par des décisions gouvernementales aberrantes, pas plus que l’ex patronne d’AREVA ne supporte vraiment le trou abyssal de ses investissements hasardeux. Bref, encore une fois « responsable mais pas coupable ».

Comme si j’avais senti venir l’entourloupe (facile à écrire rétrospectivement, me dira-t-on) je n’avais pas voté pour lui (ni pour l’autre, en l’occurrence) tant je me méfiais de ce financier rothschildien, parachuté conseiller hollandais puis propulsé à Bercy par celui-là même qu’il devait "poignarder" avec l’aisance d’un vieux routier de la politique, mais jeune, bonimenteur, beau parleur malgré quelques dérapages douteux, tiré à quatre épingles et bien propre sur lui, BCBG au nœud de cravate bien droit séduisant les femmes, arrivé surtout au bon moment, celui où les Français avaient l’irrépressible besoin de renvoyer tous ces vieux chevaux de retour au passif affligeant tout en évitant – autant que possible - des extrémismes dangereux.

Si, objectivement, on se doit de le féliciter, lui quasi inconnu, pour sa victoire pas même espérée quelques mois auparavant, il devrait faire preuve de plus d’humilité en se souvenant des 10 millions et plus d’électeurs lepénistes et de la proportion ascendante de l’abstention. Président de tous les Français ? Oui, élu démocratiquement certes mais par défaut et avec seulement 25 % du corps électoral. Cela laisse songeur !

Bon, pour en revenir à l’article de Bernard, on ressent bien l’envie de "coup de force" (je n’ai pas écrit « le Coup d’État permanent », c’était un autre en son temps – 1964) réfrénée tant bien que mal par ces hommes et femmes de pouvoir qui, à défaut du 49-3 dont ils ont senti le danger de l’emploi répété, usent des ordonnances, maintenant du vote bloqué pour faire passer (ou pas) à un train d’enfer leurs réformes pas toujours bien réfléchies.

A cet égard il est très intéressant de suivre les « "Questions au Gouvernement" (et surtout les réponses), même si c’est devenu ce théâtre hebdomadaire grand-guignolesque et parfois peu respectueux. On y observera souvent la morgue, le mépris, la suffisance, parfois la méconnaissance des dossiers frisant l’incompétence pour certains, des intervenants… surtout ceux de l’exécutif.

Oui, les paysans mériteraient beaucoup plus de reconnaissance et ce ne sont pas quelques heures passées, sans doute hypocritement, au Salon de l’Agriculture qui y suffira. Pour eux, l’amour n’a pas toujours été dans le pré, Ils ont travaillé dur, malmenés par la météo, les calamités, l’obligation de travailler 7 jours/7, croulant sous les emprunts. Quand on a l’outrecuidance de faire cadeau de 4 à 5 milliards à ses amis les riches, il devrait être possible de régler intelligemment cette injustice criante sans attendre de l’enliser dans la réforme des retraites.

Non les retraités, même s’il peut y en avoir, ne sont pas que des nantis. Selon le COR, 25 % des retraités ont une pension inférieure à 800 euros par mois. Et 90 % d’entre eux touchent moins de 2700 euros mensuels. Ils apportent depuis longtemps déjà leur aide aux nouvelles générations, à leurs enfants et petits-enfants.

Les 85% des retraités de plus de 65 ans qui ont voté pour ce "dictatorial" président et ceux (les mêmes) outrés par le propos imbécile de ce sinistre député LREM Alauzet qui persiste et signe : « Les retraités d’aujourd’hui font partie d’une génération dorée ! » ont, à raison, le désagréable sentiment de se retrouver cocus et le besoin d’exprimer leur colère.
A ce sujet, il s’agit bien du résultat d’un message brouillé, certains diraient enfumage. Si la hausse de la CSG a bien été annoncée pendant la campagne présidentielle, on ne peut pas dire qu’Emmanuel Macron disait aussi clairement vouloir demander un « effort » aux plus âgés, à l’époque.

Non, les cheminots ne sont pas responsables du déficit de la SNCF et point n’est besoin de les stigmatiser mais cela fait partie de la tactique gouvernementale. Une "Com" parfaitement étudiée afin de diviser pour régner, dresser les Français les uns contre les autres. Livrer les cheminots à la vindicte publique fonctionne bien. Il en va d’ailleurs de même pour les parlementaires mais que diront-ils, une fois qu’ils auront scié la branche sur laquelle ils sont assis à leurs anciens électeurs - certes ravis de cette mesure éminemment populiste – quand ces derniers se rendront compte qu’ils ne seront plus représentés autant qu’ils le souhaitaient ?

Que dire des EHPAD ?
Je suis pris par le temps et inquiété par les "soubresauts" de mon ordinateur. Je vais donc m’arrêter là pour aujourd’hui mais avant de terminer, je voudrais poser une dernière question : « après les nombreux suicides que souligne Bernard chez nos agriculteurs, va-t’on aussi assister à une prolifération (c’est déjà le cas parfois) de suicides chez nos ainés, inquiets des perspectives de leur "avant-dernière station" dans les maisons de retraite, de la maltraitance (volontaire ou non, dénoncée ou pas) qu’il peut exister dans certaines d’entre-elles et soucieux de ne pas devenir des "reste à charge" pour leur famille ? »
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