Il y a 75 ans le Maquis du Morillon tombait

par LES VOIVRES 88240  -  18 Janvier 2019, 04:07  -  #Histoire

Monsieur André BOBAN,

Président de l’Amicale du Maquis de Grandrupt

et des CVR de la Vôge

 

Le 5 février 1944, il y aura 75 ans, notre territoire de la Vôge était durement touché par une terrible tragédie : six Maquisards du Maquis du Morillon tombaient sous les balles d’un peloton d’exécution nazi sur le site de « La Vierge » à EPINAL.

 

Il s’agissait de Messieurs :

- Jean AUBERTIN d’AMBIEVILLERS (Haute-Saône), 41 ans, marié, père de 2 enfants,

- Joseph BIGE de CLAUDON, 52 ans, marié, père d’un fils,

- Marcel BREGIER de GRUEY-LES-SURANCE, 22 ans, célibataire,

- Bertrand FOLIGUET de VAUVILLERS (Haute-Saône),  (brigade de Gendarmerie) 39 ans, marié 2 enfants,

- Jean TINCHANT de LE MAGNY, 38 ans, marié 5 enfants,

- Lucien VILMINOT de CLAUDON, 55 ans, marié 7 enfants.

 

A la mémoire de ces six patriotes lâchement exécutés parce qu’ils avaient voulu s’opposer au régime dictatorial nazi, en liaison avec le Mémorial d’Ambiévillers, nous organisons deux cérémonies, le mardi 5 février 2019 :

- l’une à 9 heures 30 devant la stèle du Maquis, commune d’Ambiévillers (Haute-Saône), lieu dit « le Morillon »,

- l’autre à 11 heures 30 devant le Mémorial des Fusillés à « la Vierge » à Epinal.

 

Je vous serais hautement reconnaissant de bien vouloir honorer de votre présence, une ou ces cérémonies qui rappelleront la tragédie toujours présente dans les mémoires des habitants de la Vôge tant attachés à leurs racines et à leur patrimoine.

 

Je vous en remercie par avance et vous prie d’accepter Mesdames, Messieurs les vice-présidents et les Maires l’expression de mes meilleurs sentiments.             

                   André BOBAN                                                                

André Boban, à gauche et Francis Didier, maire de Grandrupt de Bains

André Boban, à gauche et Francis Didier, maire de Grandrupt de Bains

Entre Vosges et Haute-Saône, le destin tragique du Maquis du Morillon

 

En mai 1943, alors que la milice est mise sur pied, que le service du travail obligatoire (STO) est instauré et que le gouvernement du Maréchal Pétain se soumet, de plus en plus, au régime dictatorial nazi, des maquis sont créés tel celui du Morillon.

 

Ce Maquis est constitué de 15 réfractaires au STO.  Il se déploie au lieu-dit « Le Grand Bois », à 2 kilomètres du hameau du Morillon, sur la commune d’AMBIEVILLERS (Haute-Saône). Il reçoit immédiatement l’aide de patriotes locaux principalement pour le renseignement, des opérations tactiques, l’alimentation et la vie courante.

 

Le 17 août 1943 à 1 heure 15 du matin, il bénéficie d’un parachutage d’armes, de munitions et de matériels divers au lieu-dit « La Bourrique », commune de GRUEY-LES-SURANCE. Le parachutage est enlevé en 2 rotations par un camion U 23 et stocké au hameau de « La Hutte », commune de HENNEZEL.

 

En septembre, la situation locale se tend et le maquis est dissous, les maquisards étant répartis dans des fermes amies.

 

Début octobre, un des maquisards disparaît sans raison. Il réapparait le 16 novembre à « La Hutte », accompagnant des nazis et les guidant vers les caches du parachutage.

 

Terribles moments alors pour les maquisards du Morillon et pour les patriotes du secteur.  11 d’entre eux seront arrêtés soit par le traître lui-même, soit par la milice ou les nazis : Marcel BREGIER, Joseph BIGE et son fils Daniel, Albert VILMINOT, Jean TINCHANT, Jean AUBERTIN et son épouse Marie, Bertrand FOLIGUET, Gaston DESIRE, Georges GRANDHAYE, Odette JOLIMET.

 

Le 27 janvier 1944, le tribunal nazi d’Epinal rendra son verdict :

* seront condamnés à morts :

- Jean AUBERTIN d’AMBIEVILLERS, 41 ans, marié, père de 2 enfants,

- Joseph BIGE de CLAUDON, 52 ans, marié, père d’un fils,

- Marcel BREGIER de GRUEY-LES-SURANCE, 22 ans, célibataire,

- Bertrand FOLIGUET de VAUVILLERS (brigade de Gendarmerie), 39 ans, marié 2 enfants,

- Jean TINCHANT de LE MAGNY, 38 ans, marié 5 enfants,

- Lucien VILMINOT de CLAUDON, 55 ans, marié 7 enfants.

Ils tomberont sous les balles d’un peloton d’exécution, le 5 février 1944 à « La Vierge » à EPINAL.

 

* seront condamnés à 20 ans de réclusion :

- Gaston DESIRE qui subira l’enfer des camps nazis et en reviendra marqué à jamais,

- Marie AUBERTIN qui sera incarcérée à la prison des « Hauts Clos » à TROYES et sera libérée le 1er août 1944.

 

* Georges GRANDHAYE sera incarcéré à EPINAL puis dans un camp forestier en Haute-Marne d’où il s’évadera.

 

* Daniel BIGE subira la torture des interrogatoires et sera libéré le 31 décembre 1943.

 

Le Maquis du Morillon a connu une fin des plus tragiques : un traître à la Patrie l’a voulu ainsi ; il ne sera jamais retrouvé.

 

* * *

 La commémoration du mardi 5 février 2019 rappellera le souvenir de ces hommes et de ces femmes qui ont souffert et qui sont morts parce qu’ils avaient pour seul idéal dans les années noires : la Liberté et l’Honneur de la France.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :