Démission, démission

par LES VOIVRES 88240  -  5 Octobre 2017, 04:44

Démission, démission

Mr Philippe Richert démissionne. En butte aux accusations du versant alsacien qui voit en lui un traitre, déçu par les réductions de subventions accordées par l'état, il démissionne. L'homme finit dans un sanglot son annonce. C'est émouvant.

Je voudrais simplement dire, énoncer un tout petit détail, un petit rien, une broutille. Les grandes régions ne se sont pas faites en un jour. Philippe Richert était au courant des statuts qui se mettraient en place. Il n'a pas été commis d'office au poste de président.  Une personne élue dans diverses instances comme il l'était, avait il encore assez de candeur et d’innocence pour ne pas comprendre ce qui se concoctait?

Au nom de la décentralisation prônée par De Gaulle, l'état préparait le remake mis au point par Louis XIV. On centralise en prétendant donner plus de pouvoir aux provinces. On crée un miroir aux alouettes où vont venir s'aveugler les roitelets locaux et on muselle tout ce beau monde.

Si une personne comme lui faisant partie du sérail croit encore aux promesses des autres politiques, où va t'on ?

Maintenant Philippe Richert a démissionné. Quel sera son avenir, yo no se. Seule certitude, les dindons de la farce seront toujours les campagnes qui, quel que soit le vent qui souffle, verront avec la même constance augmenter les taxes, diminuer les subventions et se fermer les services.

Philippe Richert démissionne pour que son remplacement se passe au mieux.

Hà ouiche. Il laisse les choses en plan et démerde toi avec. Si tu a des dents assez grandes pour ramasser la patate chaude, tu la prends, autrement tu te brules le museau.

Il laisse une usine à gaz sans capitaine averti à bord mais qui coutera bonbon pour la seule gloire de quelques personnes qui préféreront être les premiers là que les deuxièmes à Rome.

Il laisse les factures astronomiques de nouvelles commissions créées, de déplacement pour la moindre réunion à travers toute la Grande Région de personnes qui avant se retrouvaient à l'échelon départemental.

Il laisse les anciennes salles inutilisées pour être remplacées par d'autres plus grandes louées à prix d'or.

Il laisse des sièges d'instances qui ont valsé à travers tous les départements dans une bataille à fleurets non mouchetés entre Reims, Metz et Strasbourg.

Et maintenant il se conduit comme l'enfant gâté qui a cassé les pieds à tout le monde pour avoir son méga cadeau de Noël, le déballe et braille :

"-C'est pas çà que je voulait."

Il peut pleurer sur son sort devant les caméras. Nul média ne témoignera de ce que couteront aux communes rurales ces voltes-face entre Grandes Régions et velléités de dissidence.

Ces réductions de dotations vont être appliquées par ricochets au niveau des départements, des cantons, des communes.

Et selon la bonne vieille habitude, en descendant chaque échelon, elles ne feront que s'amplifier proportionnellement, comme d'habitude ce seront les communes qui seront le plus durement touchées et comme d'habitude les communes rurales.

La seule solution courageuse consistait à appliquer la politique des maires ruraux. Se battre bec et ongles, jusqu'au bout pour que vivent leurs communes.

 

 

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J
Oui, il n’y a sans doute pas lieu de s'apitoyer (sauf si cela masquait un autre motif, comme celui d'un problème de santé par exemple) sur le sort de ce Président de Région et Président des Présidents de Régions. Sachant qu'il n'avait pas réussi l'unification de 2 départements, certes dissemblables, en une seule Alsace, il ne me paraissait pas en capacité de jouer un rôle prééminent dans ce Grand Est malmené par des différences criantes entre ses composantes, à savoir Alsace, Champagne-Ardenne et Lorraine.
De Région pauvre en Région riche et à leurs traumatismes historiques, cet "Arschlor" (le mot est d'un Alsacien) constitué de 3 Régions tellement peu ressemblantes aurait, de toute façon, eu bien du mal à être dans le peloton de tête. La réduction de budget me semble n'être qu'un prétexte à fuir le navire avant qu'il ne coule.
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L
Courage, fuyons.