Conférence "Rencontres et Echanges autour des Pédagogies Innovantes " à l'EcoFestival

par LES VOIVRES 88240  -  18 Juillet 2017, 04:49  -  #Ecole

Conférence "Rencontres et Echanges autour des Pédagogies Innovantes " à l'EcoFestival

L’EcoFestival, avait pour thème cette année « Education et Pédagogie ». Il a connu son temps fort le dimanche avec la conférence "Rencontre et Echanges  autour des Pédagogie Innovantes " présentée par Pascal Corradini , enseignant, président de la Transition d'Epinal, et Emilie Perrin de l'Ecole du Colibri des Hautes Vosges.

Celle-ci a ouvert une école Montessori. L’enfant peut travailler à son rythme et suivre les différents ateliers. Chaque enseignant s’occupe de 10 enfants.

Pascal Corradini est professeur à l’IUT Hubert Curien d’Epinal. L’an dernier il a décidé de mettre 18 à tous ses élèves. Il y a  eu un  peu d’incompréhension de la part de certains, principalement des meilleurs. Il a donc décidé cette année de donner 14 à tout le monde en donnant la possibilité à ceux qui le désirent de demander une note plus élevée.

Deux personnes ont apporté leur témoignage. Pierre Broggini  avait été invité. Ancien élève de Les Voivres il a pratiqué la pédagogie Freinet avec son instituteur qui était un des adeptes de cette méthode.

Il nous a rappelé l’aventure de la Chanson des Cerises car c’était bien une aventure,  cette imprimerie. Elle était conduite par toute une école depuis la publication de textes libres jusqu’à la composition des articles avec les caractères d’imprimerie et à leur illustration avec la technique de la linogravure. Un de ces illustrateurs était justement Pierre Broggini.

Il garde un souvenir très vivace de cette époque et en parle avec toujours autant d’enthousiasme. Assez bizarrement,  cet instituteur qui laissait les élèves s’exprimer librement dans la revue de l’école était réputé pour sa sévérité. Pourtant on ne ressent aucune contrainte quand on lit certain texte racontant les farces que ceux-ci ont fait et même les mensonges inventés pour se couvrir devant les parents.

Créativité libre, espace de liberté, confiance accordée aux élèves : tous les ingrédients étaient déjà là pour mettre en valeur les capacités de chaque enfant. C’est le but que visent toutes ces pédagogies : Freinet, Montessori, Steiner ou enseignement à la maison. Les acquis restent durablement même quand il faut de nouveau suivre une pédagogie classique. Les enfants s’intègrent bien, ils sont souvent choisis pour être chef de classe.

Choisir ces méthodes ce n’est donc un repli sur soi, une coupure avec la société, mais au contraire leurs permettre de trouver plus facilement leur place à chaque étape de leur vie.

Evelyne Roy a témoigné dans le même sens.  Tout comme Mr Felberg dirigeait les cahiers de la Chanson des Cerises en 1936-1937, sur le blog qu’elle utilise, les CP de sa classe publient leurs textes, leurs dessins, les photos de leurs camarades qu’ils prennent pendant la récréation.  C’est peut-être là le point le plus important , la relation qui peut ou non se créer entre un enseignant et ceux qu’ils est chargé d’éduquer.

Emilie Perrin,Pierre Broggini et Pascal Corradini

Emilie Perrin,Pierre Broggini et Pascal Corradini

Pierre Broggini nous a parlé de son expérience à l'école de Les Voivres

Les écoles des VOIVRES avaient une pédagogie originale : rédaction libre, dessin libre, classe promenade, imprimerie, ramassage de plantes médicinales, de ferraille,pyrogravure, correspondance inter scolaire et coopérative scolaire.

La classe promenade avait pour but l’étude du milieu naturel, elle ne se faisait qu’en été. C’était des visites tout à fait diverses, ex : la forêt, la féculerie, l’étang de Paul Ory, l’usine Dorget, l’écluse de la Colosse. Au retour, l’élève devait rédiger ce qu’il avait découvert.

L’imprimerie : matériel de base : une presse, des composteurs, des lettres majuscules et minuscules, chiffres, espaces et ponctuation en plomb, un rouleau encreur, des tubes d’encre, du linoléum, des plumes diverses pour graver , du papier au format 210x135 mm.

Les textes à imprimer étaient simplement des rédactions libres choisies par le maître. C’était une fête familiale, un laboureur au champ, les secrets d’un grenier, en résumé des textes très divers.

On éditait un journal que l’on avait appelé « La chanson des cerises » Il était distribué par abonnement annuel : 5 francs et adressé à des écoles du Puy de Sancy et du Var

Le ramassage des plantes médicinales : Chaque élève était invité à cueillir des plantes médicinales qui pouvait se faire aussi lors d’une classe promenade. Que ramassait-on ? du millepertuis, des feuilles frêne, du serpolet, des feuilles de digitale. Ces plantes étaient mises à sécher dans le grenier de la grande école, un élève était désigné chaque jour pour les remuer et séchage terminé, elles étaient mis en sacs et direction la gare de Bains le Bains à la diligence d’Émile Chebillon.

La pyrogravure était un travail réservé à quelques élèves, on disposait de planches de verne, d’un appareil électrique à pyrograver, on reproduisait un dessin par décalquage sur la planche puis on faisait des sillons à l’aide de pointes métalliques incandescentes, ensuite on appliquait de la peinture de diverses teintes pour créer un tableau. J’avais créé un tableau représentant une pie sur une branche et un tableau représentant une forêt de bouleaux.

La coopérative scolaire était alimentée par les abonnements au journal de l’école, le produit de la vente des plantes médicinales, des dons à l’occasion d’un mariage.

Correspondance inter scolaire : par le biais du journal, je ne me souviens plus des réponses des écoles recevant la chanson des cerises. Nous écrivions à Andrée Felberg, fille de nos enseignants, partie enseigner à Die dans la Drôme.

 

Monsieur Freinet avait créé les INVARIANTS :

Ex : l’ordre et la discipline sont nécessaires en classe. On prépare la démocratie de demain à l’école. Les punitions sont toujours une erreur.

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Pascal Corradini n'est pas favorable aux notes mais il veut laisser le libre choix à ses élèves.

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Evelyne a récréé la Chanson des Cerises en version informatique. Sa classe très motivée a rapidement participé activement à cette expérience. Partage de texte, de dessins ou de photos, pendant le dernier trimestre, les progrès de tous étaient spectaculaires.

Favoriser l'entraide entre les élèves, valoriser le travail de chacun en le montrant à tous, mettre l'accent sur ce qu'apporte chacun. Il n'y a pas de bons ou de mauvais élèves. Il y a une classe entière où chacun progresse et a son rôle à jouer.

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Pierre Broggini est toujours aussi enthousiaste pour partager son expérience surtout avec des enfants. L'an dernier il était venu à l'occasion d'un goûter sous la yourte parler aux CP de l'école Chantereine.

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Evelyne 18/07/2017 08:53

L’école, ce lieu privilégié où l’éveil est mis en avant, est montrée du doigt parce qu’elle est accusée de faire baisser la créativité dès la fin de la Grande Section de maternelle, voire même de brider le potentiel créatif des élèves du fait de la lourde charge qui repose sur les épaules des enseignants en matière de programmes et compétences à acquérir à la fin d’un cycle.
Sur YouTube, de nombreuses conférences de Ken Robinson dénoncent les ravages de l’éducation dite standardisée et cet expert en éducation plaide pour une école où la créativité sera mise en avant.
Chaque élève est unique, il doit être libre de créer son propre chemin avec des apprentissages personnalisés pour avancer à son rythme, en ayant le droit de se tromper.
Le monde éducatif change. Une prise de conscience apparaît. Notre système éducatif traditionnel, en France, est encore très en retard. Mais ne désespérons pas !

jean7288 18/07/2017 08:32

Il n'est pas étonnant qu'une école Montessori ouvre à Vecoux puisque Freinet y régnait en maître (si je puis dire) au moins d’octobre 1937 à juillet 1938. "Le petit Picosé", équivalent de "La Chanson des cerises", en témoigne dans ses n° 1, 4, 7, 8.

https://www.icem-freinet.fr/archives/divers/ecoles/vecoux/vecoux.htm

C’est ainsi que l’on apprend que les élèves de Vecoux avaient pour correspondants ceux de Les Voivres. Ce serait intéressant de savoir s’il en reste des traces plus concrètes;

jean7288 18/07/2017 11:33

> Étonnant par contre que notre ami Pierre et Émilie Perrin, qui s'inspire (Montessori) en quelque sorte pour Vecoux de Freinet somme toute assez voisin de la méthode, n'aient pas fait le rapprochement entre les deux écoles qui pratiquaient - il y a déjà 80 ans -... une « pédagogie innovante » (Freinet).
> Pour répondre à Évelyne, à l'image de mon commentaire du 16 juillet dernier à propos de la France condamnée par un Président de la République virulent à son égard, ce n'est pas tant le système éducatif qui est à fustiger mais ses dirigeants, pour beaucoup "apôtres idéologues" souvent plus soucieux de leur pré carré et de leur portefeuille (dans tous les sens du terme) que de l’intérêt commun.
> Heureux aussi de noter que quelques commentaires peuvent s'ajouter au commentaire d'un article. Ce n'est, à mon avis, que trop rarement le cas.

LES VOIVRES 88240 18/07/2017 09:20

Merci du renseignement. Pierre Broggini ne mentionne pas cette école. C'était donc par un heureux hasard la rencontre entre deux villages qui ont pratiqué la pédagogie Freinet.