La dictée de Génération Mouvement, les Ainés Ruraux

par LES VOIVRES 88240  -  28 Avril 2017, 04:12  -  #Pont des Fée

La dictée de Génération Mouvement, les Ainés Ruraux

20 membres de  Génération Mouvement les Ainés Ruraux étaient venu à la salle des fêtes de Les Voivres pour participer à la dictée organisée à l'échelon départemental par l'association. Anne-Marie Munier, la présidente du secteur 3 avait reçu le pli dans une enveloppe fermée par deux cachets. Après que tous les participants eurent vérifiés quils étaient intacts, celle-ci fut ouverte et la présidente fit une première lecture du texte.

il était tiré de la première partie du grand roman de Victor Hugo "Notre-Dame de Paris". la longueur de cet extrait ne découragea aucun des ainés ruraux.

Personnellement après avoir pris quelques  photos, j'ai invoqué une surcharge de travail j'ai préféré partir, malgré l'invitation de rester qui me fut faite.

La dictée de Génération Mouvement, les Ainés Ruraux

 

Il y avait seize ans à l’époque où se passe cette histoire que, par un beau matin de dimanche de la Quasimodo, une créature vivante avait été déposée après la messe dans l’église de Notre-Dame, sur le bois de lit scellé dans le parvis à main gauche, vis- à-vis ce grand image de saint Christophe que la figure sculptée en pierre de messire Antoine des Essarts chevalier, regardait à genoux depuis 1413, lorsqu’on s’est avisé de jeter bas et le saint et le fidèle. C’est sur ce bois de lit qu’il était d’usage d’exposer les enfants trouvés à la charité publique. Les prenait là qui voulait. Devant le bois de lit était un bassin de cuivre pour les aumônes.

L’espèce d’être vivant qui gisait sur cette planche le matin de la Quasimodo en l’an du Seigneur 1467 paraissait exciter à un haut degré la curiosité du groupe assez considérable qui s’était amassé autour du bois de lit.

Le groupe était formé en grande partie de personnes du beau sexe. Ce n’étaient presque que des vieilles femmes.

Au premier rang et les plus inclinées sur le lit, on en remarquait quatre qu’à leur cagoule grise, sorte de soutane, on devinait attachées à quelque confrérie dévote. Je ne vois point pourquoi l’histoire ne transmettrait pas à la postérité les noms de ces quatre discrètes et vénérables demoiselles. C’étaient Agnès la Herme, Jehanne de la Tarme, Henriette la Gaultière, Gauchère la Violette, toutes quatre veuves, toutes quatre bonnes-femmes de la chapelle Étienne-Haudry, sorties de leur maison, avec la permission de leur maîtresse et conformément aux statuts de Pierre d’Ailly, pour venir entendre le sermon.

Du reste, si ces braves haudriettes observaient pour le moment les statuts de Pierre d’Ailly, elles violaient, certes, à cœur joie, ceux de Michel de Brache et du cardinal de Pise qui leur prescrivaient si inhumainement le silence.

« Qu’est-ce que c’est que cela, ma sœur ? disait Agnès Gauchère, en considérant la petite créature exposée qui glapissait et se tordait sur le lit de bois, tout effrayée de tant de regards.

– Qu’est-ce que nous allons devenir, disait Jehanne, si c’est comme cela qu’ils font les enfants à présent ?

– Je ne me connais pas en enfants, reprenait Agnès, mais ce doit être un péché de regarder celui-ci.

– Ce n’est pas un enfant, Agnès.

– C’est un singe manqué, observait Gauchère.

– C’est un miracle, reprenait Henriette la Gaultière.

– Alors, remarquait Agnès, c’est le troisième depuis le dimanche du Lætare. Car il n’y a pas huit jours que nous avons eu le miracle du moqueur de pèlerins puni divinement par Notre-Dame d’Aubervilliers, et c’était le second miracle du mois.

– C’est un vrai monstre d’abomination que ce soi-disant enfant trouvé, reprenait Jehanne.

– Il braille à faire sourd un chantre, poursuivait la Gauchère.

– Tais-toi donc, petit hurleur !

– Dire que c’est M. de Reims qui envoie cette énormité à M. de Paris ! ajoutait la Gaultière en joignant les mains

– J’imagine, disait Agnès la Herme, que c’est une bête, un animal, le produit d’un juif avec une truie ; quelque chose enfin qui n’est pas chrétien et qu’il faut jeter à l’eau ou au feu.

– J’espère bien, reprenait la Gaultière, qu’il ne sera postulé par personne.

– Ah mon Dieu ! s’écriait Agnès, ces pauvres nourrices qui sont là dans le logis des enfants trouvés qui fait le bas de la ruelle en descendant la rivière, tout à côté de monseigneur l’évêque, si on allait leur apporter ce petit monstre à allaiter ! J’aimerais mieux donner à téter à un vampire.

– Est-elle innocente, cette pauvre la Herme ! reprenait Jehanne. Vous ne voyez pas, ma sœur, que ce petit monstre a au moins quatre ans et qu’il aurait moins appétit de votre tétin que d’un tournebroche. »

En effet, ce n’était pas un nouveau-né que « ce petit monstre ». (Nous serions fort empêché nous-même de le qualifier autrement.) C’était une petite masse fort anguleuse et fort remuante, emprisonnée dans un sac de toile imprimé au chiffre de messire Guillaume Chartier, pour lors évêque de Paris, avec une tête qui sortait. Cette tête était chose assez difforme. On n’y voyait qu’une forêt de cheveux roux, un œil, une bouche et des dents. L’œil pleurait, la bouche criait, et les dents ne paraissaient demander qu’à mordre. Le tout se débattait dans le sac, au grand ébahissement de la foule qui grossissait et se renouvelait sans cesse à l’entour.

Dame Aloïse de Gondelaurier, une femme riche et noble qui tenait une jolie fille d’environ six ans à la main et qui traînait un long voile à la corne d’or de sa coiffe, s’arrêta en passant devant le lit, et considéra un moment la malheureuse créature, pendant que sa charmante petite fille Fleur-de-Lys de Gondelaurier, toute vêtue de soie et de velours, épelait avec son joli doigt l’écriteau permanent accroché au bois de lit : ENFANTS TROUVÉS.

« En vérité, dit la dame en se détournant avec dégoût, je croyais qu’on n’exposait ici que des enfants. »

Elle tourna le dos, en jetant dans le bassin un florin d’argent qui retentit parmi les liards et fit ouvrir de grands yeux aux pauvres bonnes-femmes de la chapelle Étienne-Haudry.

Un moment après, le grave et savant Robert Mistricolle, protonotaire du roi, passa avec un énorme missel sous un bras et sa femme sous l’autre (damoiselle Guillemette la Mairesse), ayant de la sorte à ses côtés ses deux régulateurs spirituel et temporel.

« Enfant trouvé ! dit-il après avoir examiné l’objet. Trouvé apparemment sur le parapet du fleuve Phlégéto !

– On ne lui voit qu’un œil, observa demoiselle Guillemette. Il a sur l’autre une verrue.

– Ce n’est pas une verrue, reprit maître Robert Mistricolle. C’est un œuf qui renferme un autre démon tout pareil, lequel porte un autre petit œuf qui contient un autre diable, et ainsi de suite.

– Comment savez-vous cela ? demanda Guillemette la Mairesse.

– Je le sais pertinemment, répondit le protonotaire.

– Monsieur le protonotaire, demanda Gauchère, que pronostiquez-vous de ce prétendu enfant trouvé ?

– Les plus grands malheurs, répondit Mistricolle.

– Ah ! mon Dieu ! dit une vieille dans l’auditoire, avec cela qu’il y a eu une considérable pestilence l’an passé et qu’on dit que les Anglais vont débarquer en compagnie à Harefleu.

– Cela empêchera peut-être la reine de venir à Paris au mois de septembre, reprit une autre. La marchandise va déjà si mal !

– Je suis d’avis, s’écria Jehanne de la Tarme, qu’il vaudrait mieux pour les manants de Paris que ce petit magicien-là fût couché sur un fagot que sur une planche.

– Un beau fagot flambant ! ajouta la vieille.

– Cela serait plus prudent », dit Mistricolle.

Depuis quelques moments un jeune prêtre écoutait le raisonnement des haudriettes et les sentences du protonotaire.

C’était une figure sévère, un front large, un regard profond. Il écarta silencieusement la foule, examina le petit magicien, et étendit la main sur lui. Il était temps. Car toutes les dévotes se léchaient déjà les barbes du beau fagot flambant.

« J’adopte cet enfant », dit le prêtre.

La dictée de Génération Mouvement, les Ainés Ruraux
La dictée de Génération Mouvement, les Ainés Ruraux
La dictée de Génération Mouvement, les Ainés Ruraux
La dictée de Génération Mouvement, les Ainés Ruraux
La dictée de Génération Mouvement, les Ainés Ruraux
La dictée de Génération Mouvement, les Ainés Ruraux
La dictée de Génération Mouvement, les Ainés Ruraux
La dictée de Génération Mouvement, les Ainés Ruraux
La dictée de Génération Mouvement, les Ainés Ruraux
La dictée de Génération Mouvement, les Ainés Ruraux
La dictée de Génération Mouvement, les Ainés Ruraux

Evelyne 28/04/2017 10:38

J'enverrai le texte à ma maman pour son club dictée de Villersexel.
Ou je devrais lui dicter peut-être ;-)

Rose 16/05/2017 20:51

Bonsoir Evelyne,

C'est moi qui propose des dictėes le lundi à Villersexel.
Est-ce le texte de la dictée qui est plus haut.

La dictée departementale en Haute-Saone était un texre de Bruno Deweale très difficile.
Je connais obligatirement votre maman

Bonne soirée.

Rose

Evelyne 28/04/2017 11:03

J'aurais plus de fautes que toutes les personnes réunies ce jour-là à la salle des fêtes du village, j'en confesse ;-)

Jean NOËL 28/04/2017 10:46

Et si quelqu'un vous l'avait dicté ? ... ☺

Jean NOËL 28/04/2017 09:45

Comme dirait Pierre : « j'en vois qui n'y sont pas ». D'autres, enfin au moins un, ont trouvé un bon (?) prétexte pour s'enfuir...Avant, il avait tout de même saisi la stupéfaction de certain(e)s, au regard de la longueur du texte.