Quand la vie était en Vosges

par LES VOIVRES 88240  -  6 Mars 2017, 04:32  -  #Qu'il est beau mon village, #HISTOIRE

Géographie des Vosges d'Adolphe Joanne édition de 1881

Géographie des Vosges d'Adolphe Joanne édition de 1881

Les Vosges département en perte de vitesse, les Vosges désert économique, les Vosges à la démographie en baisse.

Pourtant il n'y a guère de temps, au 19 ème siècle, les Vosges étaient considérées comme un des départements agricoles les plus riches de France : ses atouts, les fruits, pommes, cerises et mirabelles, la pomme de terre connue depuis longtemps, cultivée sur de grandes surfaces et ses herbages entretenus par une forte pluviométrie..

A cette époque, dans la Champagne Pouilleuse, les fermiers n'avaient que de maigres récoltes et grelottaient sous les attaques de la malaria. Les engrais produits par la nouvelle industrie de la chimie allaient transformer ces terres semi incultes en grenier à blé.

Après la dernière guerre mondiale, ce fut au tour de  l'Ouest de la France de profiter de cette mise en valeur de ses terres jusque là souvent trop acides pour autoriser des rendements élevés. Les ports proches allaient permettre de recevoir à bas prix les engrais et le pétrole nécessaire à la transformation et fabrication de ceux-ci ainsi que les aliments pour les élevages industriels.

Pendant ce temps l'agriculture des Vosges a progressé elle aussi, mais moins vite, handicapée par des petites structures, un relief plus accentué, un climat plus rude et des prix pour l'énergie et les matières premières achetées plus élevés.

A la même époque, l'industrie était implantée partout dans le département. L'eau était là. C'est aussi le facteur qui permit à toutes ces entreprises de s'installer.

L'eau et le bois abondant, plus une main d’œuvre au sérieux et au savoir faire reconnu dans toute la France.

Les quelques ruines ou bâtiments qui subsistent de cette époque ( Clouterie et Manufacture à Bains les Bains, La Pipée à Fontenoy-le-Château, la Forge Quenot à Les Voivres, cheminée d'usine à la Forge d'Uzemain ) ne peuvent donner qu'une vague idée de l'importance de cette industrie pour l'économie du département.

La lecture de l'ancien livre d'école d'André Houillon (Géographie des Vosges d'Adolphe Joanne édition de 1881 prêté pour étude par son fils Bernard ) permet de s'en rendre compte. En voici quelques extraits  concernant principalement le Val de Vôge :

- La métallurgie tient une place importante dans la grande industrie qui occupe 37 000 ouvriers. Les principales usines métallurgiques sont : les forges de Bains, 120 ouvriers, du Clerjus ( feux d'affinerie, laminoirs pour tôles fines et fer-blanc).....de Moulin-au-Bois, de Semouse (commune de Xertigny).  Parmi les clouteries il faut citer celles de Fontenoy-le-Château, de Bains-les-Bains.
Bains possède plusieurs établissements métallurgiques qui produisent des fers-blancs, des tôles noires, des fils de fer, des outils de drainages et des couverts en fer battu, qui s'exportent en quantités considérables, non seulement dans le reste de la France mais encore à l'étranger. C'est à Bains-les-Bains qu'ont été inventé par Mr Lévy et Durand, les machines à fabriquer les clous et, depuis vingt ans, cette fabrication y a pris un grand développement ; 80 métiers façonnent annuellement 2 millions de kilogrammes de fil de fer en un millier d'échantillons différents. D'autres tréfileries existent à La Pipée ( commune de Fontenoy-le-Château). D'importantes fabriques d'ustensiles en fer battu existent à Fontenoy-le-Château.

Mentionnons enfin : la manufacture de fer blanc de Bains-les-Bains, l'usine métallurgique du Blanc-Murger près de Bellefontaine.

Le département des Vosges est celui de France où l'industrie de la broderie est la plus active. Plus de 40 000 ouvrières qui travaillent d'abord dans des écoles jusqu'à l'âge de 12 à 14 ans, produisent une quantité considérable de broderies fines à la main et au métier pour lesquelles elles reçoivent plus de 10 millions de francs. Epinal, Bains, Châtel-sur-Moselle, Fontenoy-le-Château, Nomexy, Bulgnéville, Saint-Dié, Remiremont, Neufchâteu, Châtenois, Mirecourt, Darney, Dompaire, Lignéville, Monthureux-sur-Saône, Portieux, Thuillières, Vittel, occupent le premier rang dans cette industrie.

Les autres établissements industriels du département sont, outre un nombre considérable de féculeries, des fabriques de sirop de glucose à Thunimont et Epinal....

Le département des Vosges exporte du grès, des eaux minérales en quantités considérables, des fers, tôles, aciers, clous, et pointes de Paris, des fers-blancs, des fils de fer, des ustensiles en fer battu, des instruments d'agriculture, de la quincaillerie ( boulons, limes, toiles métalliques, étrilles, chaînes, cribles, etc.) de la quincaillerie fine de Plombières, des calicots et des cotons filés, des broderies et dentelles, de la bonneterie, des bois, de la boissellerie, l'imagerie d'Epinal connue dans toute l'Europe, les instrument de musique de Mirecourt, du blé, des fécules, des pommes de terre, des fromages dits gérômés, du kirsch, des plantes pharmaceutiques, et généralement tous les produits de son industrie manufacturière et agricole.

Combien y avait il d'ouvriers à la Forge Quenot ?

Combien y avait il d'ouvriers à la Forge Quenot ?

Les ruines

Les vieillards, quand près d’eux, semaine par semaine,
Le temps a dévasté, tour à tour, fleurs et fruits,
Les vieillards ont, ainsi que la cité romaine,
Au cœur un forum mort plein de temples détruits ;

Silencieux désert où leur âme promène
Son long ennui stérile, où l’ortie et le buis,
Et l’herbe solitaire, en l’antique domaine,
Ont étouffé l’orgueil des fastes et des bruits;

Où des frontons muets la légende effacée
Sous la rouille des ans dérobe sa pensée.
Plus de chants, les oiseaux aiment les floraisons.

Plus de prisme charmeur irisant les bruines,
Mais de graves soleils, de vastes horizons,
Éclairant la beauté dernière des ruines.

Jules Breton, Les champs et la mer

Vous pouvez lire ce livre en cliquant sur PDF dans la fenêtre DOWNLOAD OPTIONS à droite.

Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges
Quand la vie était en Vosges

jean7288 06/03/2017 09:59

- Assurément un livre qu'il serait intéressant de pouvoir lire, de découvrir les gravures et d'examiner la carte...
- « Combien y avaitil d'ouvriers à la Forge Quenot ? » Peut-être pas tant que cela (on parle de 8) puisqu’on trouve dans "Géocoching" :
« Le site de la Forge Quenot
A une lieue environ, au nord de Bains, sur un ruisselet dit de l'étang Lallemand, avait été construite en 1634 une "usine de fer" presque aussitôt détruite par les Suédois. En 1711, un maître de forges de "la Chaude-eau-Saint-Mouze" un Suisse, Jean-Jacques Rochet, demanda au Chapitre l'autorisation d'y "remonter une forge pour y produire du fer ou de l'acier". Ce droit lui fit accordé, avec 4 jours de terre, moyennant un cens annuel de 7 francs. Il avait de plus la possibilité d'acheter, avec la permission du Lieutenant Saint Pierre, le combustible nécessaire dans les forêts avoisinantes.
En 1771, la forge en pleine activité et produisant un acier de premier choix, appartient à Joseph Colombier, lequel demande au Conseil royal des finances à Nancy que ses ouvriers spécialistes ne soient pas surchargés d'impôts et jouissent des mêmes privilèges que ceux des forges voisines. Les ouvriers en acier étaient rares en Lorraine, le Duc fait droit à la requête. La Forge Quenot conservera son activité jusqu'à la fin du 1er Empire, sous la direction de François-Xavier Chavanne. Son rendement annuel est de 60 tonnes d'acier vendus 30 000 francs et demandant une main d'œuvre de 8 ouvriers seulement. Mais la faiblesse du cours d'eau, l'éloignement de tout centre, la difficulté des communications, ne permettent pas à la petite usine de soutenir la concurrence et son activité décrut pour cesser totalement vers le milieu du 19 eme siècle. Après un essai d'utilisation comme féculerie, elle n'est plus aujourd'hui qu'une ruine. »

LES VOIVRES 88240 06/03/2017 14:22

Merci je l'ai ouvert en PDF je vais le joindre à l'article.

jean7288 06/03/2017 12:33

De la théorie, passons à la pratique : j'ai pu lire le livre (74 pages) en question grâce à ce lien
Géographie du département des Vosges : Joanne ... - Internet Archive
qui, je l'espère, voudra bien fonctionner pour les visiteurs intéressés.

LES VOIVRES 88240 06/03/2017 10:56

La question était théorique. Un chiffre étonnant : 40 000 brodeuses, le dixième de la population.