Où sont passées les affouages d'antan ?

par LES VOIVRES 88240  -  25 Mars 2017, 04:28  -  #Qu'il est beau mon village

Où sont passées les affouages d'antan ?

Les salariés du chantier d'insertion continuent d'abattre et de façonner les arbres destinés à être coupés cette année à Maufroy. Avec le remembrement, l'ancien chemin forestier qui monte là va être prolongé tout droit jusque la route menant à la Grande Fosse, sans faire les détours actuels qu'il emprunte. La taille des parcelles plus importante va permettre de les éviter.

Les troncs sont traditionnellement vendus aux marchands de bois et les branches sont coupées en bouts d'un mètre puis fendues pour faire des stères de quartiers ou de charbonnette.

Traditionnellement. Malheureusement ce bois de chauffage pourtant qualifié d’énergie renouvelable par l'agence du même nom avec ses beaux labels bleu blanc rouge, (c'est fou ce que l'on peut faire dire à ces couleurs de nos jours ), semble être dans le collimateur de pas mal d'instances.

Déjà nous avons eu droit à deux alertes à la pollution aux particules fines cet hiver. La faute à qui ? Au bois que l'on brule dans nos fourneaux, aux affouages.

Quand on veut noyer son chien....

Pendant ce temps EDF se pare de toutes les vertus, joue les Monsieurs Propres, les utilités, les indispensables et les garants du bon fonctionnement du micro-onde familial et de la sacro-sainte télé. Elle vous invite pour sauvegarder votre précieux portefeuille ( et la planète si vous ne voulez pas vous faire engueuler un jour par vos enfants ), à consommer ses KW garantis zéro carbone. Jusque là çà craint pas. C'est pas une pub à la noix qui va nous faire perdre la raison. On a écouté par un temps Radio Paris. Même que çà nous faisait rigoler.

Mais les producteurs de bois peuvent difficilement engager des campagnes publicitaires pour défendre cette énergie. Il ne vont pas envoyer des commerciaux chez vous, vous tanner pour que vous achetiez un poêle. Le combat est un peu inégal entre un mastodonte qui à les moyens de se faire entendre à tous les niveaux et les forestiers.

Au départ le parc nucléaire français a été décidé pour faire de belles bombinettes atomiques. La France étant un grand pays elle se devait, à l'égal des deux grands, la Russie et les U.S.A, d'avoir des grosses bombes. Pas de chance, pour construire celles-ci, il faut de l'uranium enrichi. Les réacteurs des centrales nucléaires sont le procédé le plus économique pour le produire. On va donc construire dans un premier temps Marcoule qui bientôt sera suivi par d'autres sites mais pour une utilisation uniquement civile cette fois. Des centrales de  plus en plus grosses, de plus en plus " ouh là, là, faudrait pas que çà nous péte au nez ce truc - meuh, non on n'est pas fous nous, on va pas construire dans des zones sismiques, nous."  L’appétit D’EDF venant en mangeant, cette entreprise cherche maintenant à développer toujours plus son parc de centrales. Faut bien verser un peu de dividendes aux actionnaires.

Alors Messieurs, Dame, il est pas beau, il est pas tout propre et pas cher le radiateur électrique que je veux vais vous vendre.

Où sont passées les affouages d'antan ?

Repas dans les bois chez les maîtres sonneurs

Cependant, comptant sur l'arrivée de la mère à Joseph, ou sur celle du père Brulet, Thérence avait souhaité leur donner leurs aises, et, dès la veille, s'était approvisionnée à Mesples. Elle venait d'allumer le feu sur la clairière et avait convié ses voisines à l'aider. C'étaient deux femmes de bûcheux, une vieille et une laide. Il n'y en avait pas plus dans la forêt, ces gens n'ayant ni la coutume ni le moyen de se faire suivre aux bois, de leurs familles.

Les loges voisines, au nombre de six, renfermaient une douzaine d'hommes, qui commençaient à se rassembler sur un tas de fagots pour souper en compagnie les uns des autres, de leur pauvre morceau de lard et de leur pain de seigle ; mais le grand bûcheux, allant à eux, devant que de rentrer chez lui poser ses outils et son tablier, leur dit avec son air de brave homme :

- Mes frères, j'ai aujourd'hui compagnie d'étrangers que je ne veux point faire pâtir de nos coutumes ; mais il ne sera pas dit qu'on mangera le rôti et boira le vin de Sancerre à la loge du grand bûcheux sans que tous ses amis y aient part. Venez, je veux vous mettre en bonne connaissance avec mes hôtes, et ceux de vous qui me refuseront me feront de la peine.

[...] On apporta de la viande grillée, des champignons jaunes très beaux, dont je ne pus me décider à goûter, encore que je visse tout ce beau monde en manger sans crainte ; des oeufs fricassés avec diverses sortes d'herbes fortes, des galetons de pain noir, et des fromages de Chambérat, renommés en tout le pays. Tous les assistants firent bombance, mais d'une manière bien différente de la nôtre. Au lieu de prendre leur temps et de ruminer chaque morceau, ils avalaient quatre à quatre comme gens affamés, ce qui, chez nous, n'eût point paru convenable, et ils n'attendirent point d'être repus pour chanter et danser au beau milieu du festin.

Ces gens, d'un sang moins rassis que le nôtre, semblaient ne pouvoir tenir en place. ils ne patientaient point le temps qu'on leur fît offre de quelque plat. ils apportaient leur pain pour recevoir le fricot dessus, refusaient les assiettes, et retournaient se percher ou se coucher ; d'aucuns aussi mangeaient debout, d'autres en causant et gesticulant, chacun racontant son histoire, ou disant sa chansonnette. C'étaient comme abeilles bourdonnant autour de la ruche ; j'en étais étourdi et ne me sentais pas festiner.

Malgré que le vin fût bon et que le grand bûcheux ne l'épargnât point, personne n'en prit plus qu'il ne fallait, chacun étant à sa tâche et ne voulant point se mettre à bas pour le travail du lendemain. Aussi la fête dura peu ; et, bien qu'au milieu elle parût vouloir être folle, elle finit de bonne heure et tranquillement. [...]

Les Maîtres sonneurs, 1853.

George Sand

Où sont passées les affouages d'antan ?
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Evelyne 25/03/2017 16:08

J'ai entendu les Coucou dire "quand on fait son bois, on a chaud 5 fois"

jean7288 25/03/2017 10:12

« Où sont passées les affouages d'antan ? » : tout comme ils ont été consacrés à la construction du clocher de l’église vers 1842, peut-être pourraient ils servir au développement d'une (mini) centrale nucléaire toute propre dans la République auto-proclamée de Les Voivres.☺