Le printemps à la Basse des Orges

par LES VOIVRES 88240  -  31 Mars 2017, 04:39  -  #Qu'il est beau mon village

Le printemps à la Basse des Orges

C'est le printemps, malgré quelques petites gelées matinales, les températures montent en flèche et la végétation explose. On parle toujours de la croissance accélérée des plantes sous les climats tropicaux ou équatoriaux, on mentionne plus rarement celle que connaissent les pays froids et en altitude ou les déserts quand les conditions sont favorables. Au printemps dans la Vôge, un fourrage ou une céréale d'hiver va croître deux fois plus vite qu'en Bretagne ou dans la Beauce. Dans le Sahara après une pluie, en 8 ou 15 jours le cycle de certaines plantes est achevé : germination, pousse, floraison et production de graines.

Quand on a sous les yeux ce spectacle de la vie qui redémarre avec vigueur, on se rend pleinement compte de l'ingéniosité dont fait preuve la nature et de la force de l'élan vital sur terre. Nous ne réussirons pas à le détruire malgré toute notre science et notre mauvais génie. Au pire nous réussirons à créer un enfer cousu main, pile poil à nos mesures.

 "Pendant les derniers 500 millions d’années ont eu lieu six extinctions massives au cours desquelles le nombre d’espèces vivantes a été brutalement réduit. La plus connue est la plus « récente », est celle qui a anéanti presque tous les dinosaures il y a 65 millions d’années.*

Pour ne parler que des seules plantes et champignons, des milliers de combinaisons différentes ont été testées pour permettre la survie de l'espèce : dormance dans les périodes défavorables, germination et pousse  au moment propice réglé très précisément par la lumière, la température, la quantités de pluie tombée ou autre paramètres.

Dés que les conditions sont réunies la graine, le bourgeon, le bulbe, le tubercule, la bouture ou le rhizome vont démarrer et donner une nouvelle plante. Pendant des millions d'années cet élan vital a permis de remplacer les espèces disparues au cours des grandes extinctions par d'autres espèces encore plus variées. Il en sera encore de même à l'avenir à une condition : que nous arrêtions tout de suite d'éliminer celles-ci beaucoup plus rapidement que la Terre ne peut en créer de nouvelles.

* Extrait de "La Disparition de la vie sur Terre

Le printemps à la Basse des Orges
 
 

Les vieux chênes

L’hiver, les chênes lourds et vieux, les chênes tors,
Geignant sous la tempête et démenant leurs branches
Comme de grands bras fous qui veulent fuir leur corps,
Mais que tragiquement la chair retient aux hanches,

Les vieux chênes rugueux et sinistres, les noirs
Géants debout, à l’horizon, où les vents rogues
Cinglent de leur colère et de leur vol les soirs
Et les mordent et les mordent comme des dogues,

 
Semblent de maux obscurs les mornes recéleurs,
Car l’âme des pays du Nord, sombre et sauvage,
Habite et clame en eux ses nocturnes douleurs
Et tord ses désespoirs d’automne en leur branchage.

Oh ! leurs plaintes et leurs plaintes, durant la nuit !
D’abord, lointainement, douces et miaulantes,
Comme ayant joie et peur de troubler, de leur bruit,
Le sommeil ténébreux des campagnes dolentes.

Puis le désir soudain où la terreur se joint
Quand la tempête est là, hennissante et prochaine ;
Puis le râlement brusque et terrible, si loin
Que les bêtes des grand’routes hurlent de haine

Et se couchent, là-bas, dans les sillons, de peur.
Puis un apaisement sinistre et despotique,
— Une attente de glaive et d’ombre et de fureur, —
Et tout à coup la rage énorme et frénétique,


Tout l’infini qui grince et se brise et se tord
Et se déchire et vole en lambeaux de colère,
À travers la campagne, et beugle au loin la mort
De l’un à l’autre point de l’espace solaire.

Oh ! les chênes ! Oh les mornes suppliciés !
Et leurs pousses et leurs branches que l’on arrache
Et que l’on broie ! Et leurs vieux bras exfoliés
À coups de foudre, à coups de bise, à coups de hache.

Ils sont crevés, solitaires ; leur front durci
Est labouré ; leur vieille écorce d’or est sombre,
Et leur sève se plaint plus tristement, que si
Le dernier cri du monde avait traversé l’ombre.

L’hiver, les chênes lourds et vieux, les chênes tors,
Geignant sous la tempête et démenant leurs branches
Comme de grands bras fous qui voudraient fuir un corps,
Mais que tragiquement la chair retient aux hanches,


Semblent de maux obscurs les mornes recéleurs,
Car l’âme des pays du Nord, sombre et sauvage,
Habite et clame en eux ses nocturnes douleurs
Et tord ses désespoirs d’automne en leur branchage.

Emile Verhaeren

Le printemps à la Basse des Orges
Le printemps à la Basse des Orges
Le printemps à la Basse des Orges
Le printemps à la Basse des Orges
Le printemps à la Basse des Orges
Le printemps à la Basse des Orges
Le printemps à la Basse des Orges
Le printemps à la Basse des Orges
Le printemps à la Basse des Orges
Le printemps à la Basse des Orges
Le printemps à la Basse des Orges
Le printemps à la Basse des Orges
Le printemps à la Basse des Orges
Le printemps à la Basse des Orges
Le printemps à la Basse des Orges
Le printemps à la Basse des Orges
Le printemps à la Basse des Orges
Le printemps à la Basse des Orges
Le printemps à la Basse des Orges
Le printemps à la Basse des Orges
Le printemps à la Basse des Orges
Le printemps à la Basse des Orges
Le printemps à la Basse des Orges
Le printemps à la Basse des Orges
Le printemps à la Basse des Orges
Le printemps à la Basse des Orges
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Le printemps à la Basse des Orges
Le printemps à la Basse des Orges
Le printemps à la Basse des Orges
Le printemps à la Basse des Orges

jean7288 31/03/2017 09:33

Actuellement, ce ne serait pas plus mal que certains dinosaures soient "détruits"... ce dont on n'est pas sûr du tout avec les virements de bord calculés de certains, le jusqu’au boutisme (parfois éhonté) d'autres et la versatilité bien connue de nos compatriotes.
Certes, mise en examen ne vaut pas culpabilité mais tout de même, que vaut la parole de certains politiques dans cette campagne présidentielle complétement biaisée ? Et si après leur manoir, on retrouvait au "château" un Président à la mise en examen repoussée de 5 ans ou 10 et une Première Dame ne bénéficiant pas, elle, de cette immunité ? Elle est pas belle la France ?

BROGGINI 31/03/2017 07:57

Effectivement au Sahara, où ma présence a été de cinq années, après qu'une petite pluie était tombée, ne serait-ce que quelques heures, aussitôt apparaissait une herbe vert pâle, tendre, très clairsemée, ce qui faisait le bonheur des cent quatre vingts dromadaires de la compagnie méhariste de la Saoura.

Evelyne 31/03/2017 17:45

Les élèves de CP gonflés à bloc d'énergie made in Les Voivres ont planté faines et glands ce matin. Fruits récoltés dans la forêt proche de l'abri d'ici.
Et dans les bacs en bois de la cour couvent maintenant graines de salade, radis et oeillets d'Inde.

LES VOIVRES 88240 31/03/2017 08:28

Certaines graines du désert doivent être roulées par les ruisseaux qui se forment alors pour pouvoir germer. Elles sont ainsi sûres que la pluie a été assez abondante.