Promenons nous dans les bois

par LES VOIVRES 88240  -  26 Janvier 2017, 04:51  -  #Qu'il est beau mon village

Un petit tour au-dessus de la Colause, un peu réfrigérant, un peu beaucoup, enfin juste assez pour réveiller le souvenir d'histoires souvent entendues.

Promenons nous dans les bois

Hiver 1956 : Le plus froid du 20 eme siècle en Europe et le deuxième en France après 1963

du 1 février au 29 février

 

 

Promenons nous dans les bois

 

L'hiver 1962-1963 fut remarquable par la persistance du froid. Il est considéré comme le plus rude du XXe siècle même si les records absolus de froid furent plus fréquents en février 1956 et janvier 1985.

Tankers stuck in ice

 

L'hiver 1962-1963 a été remarquable par la persistance des grands froids pendant près de trois mois.
Les gelées généralisées ont commencé vers le 13 novembre 1962 et se sont poursuivies avec quelques interruptions jusqu'au début du mois de mars.

Promenons nous dans les bois

Oui, l'hiver est majestueux à regarder. Mais la lutte incessante contre le poing brutal du Roi du Gel commence à m'user. Ce matin, plus aucune possibilité de dégeler les conduits d'eau. Gamin et les poules auront de l'eau minérale des bouteilles. Peut-être que cet après-midi, avec la hausse des températures, je pourrai remettre le robinet en marche.

Diana Kennedy

Promenons nous dans les bois

J'ai toujours entendu mes parents et mes grands-parents faire ainsi référence à ces deux hivers terribles :

"-L'année où les blés ont gelé.

"-L'année où les conduites d'eau ont gelé."

Il s'agissait respectivement de 1956 et de l'hiver 1962-1963. Dans le premier cas la couche de neige n'avait pas pu protéger suffisamment les céréales pour éviter des dégâts. La France qui sortait à peine de la période d'après-guerre et des tickets de rationnement n'était pas comme maintenant auto-suffisante pour son alimentation. En temps normal les produits venant des colonies permettaient de combler le déficit. Le gel du blé dans une partie de l'Europe amena bien entendu une flambée des prix. Si les spéculateurs n'avaient pas profité de telles circonstances, ce n'auraient plus été des spéculateurs mais des philanthropes. Avec le Marché Commun et l'énorme effort de modernisation fait par l'agriculture française, le pays se trouva bientôt en excédent et tout comme la cigale oublia vite que la bise pouvait revenir.

Dans leur aveuglement à se servir des produits agricoles comme moyen de lutte contre l'inflation et pour complaire aux grands groupes agro-alimentaires et aux industriels de la pétrochimie, nos chers dirigeants semblent ignorer que seul un secteur agricole puissant, car bien rémunéré, peut permettre à un pays de ne pas être à la merci d'une flambée des prix sur le marché à terme de Chicago. Pourtant le printemps arabe ou la révolution française ont eu pour origine un enchérissement du prix du pain. Les cultivateurs qui subirent les dégâts du gel en 1956 gardèrent, eux, bien présents en leur mémoire ces pertes sur les céréales d'hiver qui ne s'étaient pas produites depuis longtemps.

Le deuxième épisode très froid évoqué était donc celui où les conduites d'eau avaient gelé.

C'était la première fois où le réseau tout neuf du syndicat inter-communal subissait l'épreuve du feu, ou plutôt du gel. En premier ce furent les canalisations intérieures de quelques imprévoyants qui furent touchées. Certains pour éviter cela laissèrent le robinet ouvert toute la nuit et retrouvèrent le lendemain une cuisine inondée car la glace avait bouchée l'évacuation de l'évier. Les jours suivant on s'aperçut que c'était tout le réseau public qui était affecté et que les tuyaux éclataient les uns  après les autres.

Maintenant tous les candidats aux élections s'accordent au moins sur un point, nous promettre une connection Internet haut débit et même très haut débit. Au 19 ème siècle la mode étaient aux gares avec le développement tout azimut du chemin de fer, on s'attachait donc les électeurs en leur faisant miroiter la construction d'un arrêt proche de chez eux. Dans 50 ans on achètera sans doute nos voix en nous faisant rêver d'une concession sur Mars.

Dans les années 50 ce que les électeurs de nos campagnes voulaient, c'était l'eau courante, pour eux sur l'évier, mais aussi pour les vaches à l'étable. Les entrepreneurs spécialisés  n'arrivaient pas à répondre à la demande. Cela permit à des personnes peu scrupuleuses de proposer leurs services. Dans la réalité il n'y avait parfois pas d'entreprise réelle avec du personnel qualifié. Ce fut le cas à Les Voivres où le premier venu pouvait se faire embaucher sans que personne ne se soucie de la qualité de son travail.

En dehors du simple désagrément d'avoir des fuites à répétition en temps normal, l'hiver 1963, beaucoup de sections enterrées trop superficiellement éclatèrent.

A la Basse des Orges, comme dans beaucoup d'autres endroits de la commune, il ne resta bientôt plus que la fontaine des Bastien comme seul point d'eau pour  la consommation de la famille et surtout pour abreuver le bétail. Il fallait donc tous les jours réussir à démarrer le tracteur pour apporter à la ferme des centaines de litres d'eau dans les bidons de 20 litres qui servaient à livrer le lait. Le froid intense soudait les couvercles dés qu'ils étaient mis en place correctement. Il fallait donc se contenter de simplement les poser. Au bout de quelques jours l'eau renversée dans la côte l'avait transformée en patinoire.

"L'année où les conduites ont gelées". J'ai entendu plusieurs fois le récit de ces semaines de galère, de ce combat pour éviter que le troupeau ne meure de soif. Avec le dégel tous les hommes du village furent mobilisés et durent à la pelle et au pic rouvrir les tranchées pour remplacer les canalisations détruites.

J'ai encore quelques souvenirs d'un chantier en bas de la côte, en face des serres Thomas René. Le travail était rude mais la bonne humeur était revenue. Tout le monde savait que le pire était passé. Effectivement depuis cet épisode le réseau, maintenant assez enterré, est protégé du froid.

Il n'en est pas forcément de même pour certains appartements ou immeubles. Actuellement Michel Houillon, l'adjoint, et Frédéric Jacopin, font régulièrement le tour des logements et divers bâtiments dont l'église pour surveiller que tout est bien hors gel. Du feu est allumé dans les salles d'école vides. Toute la journée de lundi, le chantier d'insertion a joué du chalumeau et du réchauffeur thermique pour dégeler les conduites à la salle des associations et dans l'ancien local de l'Eaudici. L'entreprise de chauffage Champagne était en intervention dans un logement de la mairie au-dessus du restaurant du Pont des Fées.

Cet épisode pourtant n'a rien d'exceptionnel, entre les - 15 ° que nous connaissons les jours-ci et les - 20 ° en 2012, sans parler de - 30 ° de 1956, il y a un monde. Le froid est comme le vent, sa force et les dégâts qu'il occasionne progressent au carré quand il augmente d'une façon mathématique. Il fait aussi plus de dégât quand il dure comme c'est le cas en ce moment. Il a alors le temps de pénétrer en profondeur et dans les murs des maisons.

Peut-être servira t'il simplement à nous rappeler que la nature aura toujours le dernier mot et que tous les torts que nous lui causons n'entraineront pas la mort de la vie sur la Terre, mais tout simplement celle de l'Homme ?

Promenons nous dans les bois

 

 

Dans l’interminable

 

Dans l’interminable
Ennui de la plaine,
La neige incertaine
Luit comme du sable.

Le ciel est de cuivre
Sans lueur aucune,
On croirait voir vivre
Et mourir la lune.

Comme des nuées
Flottent gris les chênes
Des forêts prochaines
Parmi les buées.

Le ciel est de cuivre
Sans lueur aucune.
On croirait voir vivre
Et mourir la lune.

Corneille poussive
Et vous, les loups maigres,
Par ces bises aigres
Quoi donc vous arrive ?

Dans l’interminable
Ennui de la plaine
La neige incertaine
Luit comme du sable.

Paul Verlaine, Romances sans paroles (1874)

Promenons nous dans les bois
Promenons nous dans les bois
Promenons nous dans les bois
Promenons nous dans les bois
Promenons nous dans les bois
Promenons nous dans les bois
Promenons nous dans les bois
Promenons nous dans les bois
Promenons nous dans les bois
Promenons nous dans les bois
Promenons nous dans les bois
Promenons nous dans les bois
Promenons nous dans les bois
Promenons nous dans les bois
Promenons nous dans les bois
Promenons nous dans les bois
Promenons nous dans les bois
Promenons nous dans les bois
Promenons nous dans les bois
Promenons nous dans les bois
Promenons nous dans les bois
Promenons nous dans les bois
Promenons nous dans les bois
Promenons nous dans les bois
Promenons nous dans les bois
Promenons nous dans les bois
Promenons nous dans les bois
Promenons nous dans les bois
Promenons nous dans les bois
Promenons nous dans les bois
Promenons nous dans les bois
Promenons nous dans les bois
Promenons nous dans les bois
Promenons nous dans les bois
Promenons nous dans les bois
Promenons nous dans les bois
Promenons nous dans les bois
Promenons nous dans les bois
Promenons nous dans les bois
Promenons nous dans les bois
Promenons nous dans les bois
Promenons nous dans les bois

Evelyne 26/01/2017 13:16

Quand une certaine personne, en période de grand froid, se laisse surprendre par un canard pris dans les glaces !.......................................

LES VOIVRES 88240 26/01/2017 16:54

Elle a du penser comme Vanoni que le grand froid avait emprisonné le canard. Elle n'est cependant pas allé chercher sa faux pour trancher les pattes du canard.

jean7288 26/01/2017 10:12

A l'heure où certains viennent de commémorer le 10ème anniversaire de la mort de l'abbé Pierre (22 janvier 2007) et d'autres ou les mêmes s'apprêtent à se remémorer son célèbre appel du 1er février, l'hiver 1954 devait être "pas mal" non plus.

« Mes amis, au secours… Une femme vient de mourir gelée, cette nuit à trois heures, sur le trottoir du boulevard Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel, avant hier, on l’avait expulsée… Chaque nuit, ils sont plus de deux mille recroquevillés sous le gel, sans toit, sans pain, plus d’un presque nu. Devant l’horreur, les cités d’urgence, ce n’est même plus assez urgent !
Écoutez-moi : en trois heures, deux premiers centres de dépannage viennent de se créer : l’un sous la tente au pied du Panthéon, rue de la Montagne Sainte Geneviève ; l’autre à Courbevoie. Ils regorgent déjà, il faut en ouvrir partout. Il faut que ce soir même, dans toutes les villes de France, dans chaque quartier de Paris, des pancartes s’accrochent sous une lumière dans la nuit, à la porte de lieux où il y ait couvertures, paille, soupe, et où l’on lise sous ce titre " centre fraternel de dépannage", ces simples mots : toi qui souffres, qui que tu sois, entre, dors, mange, reprends espoir, ici on t’aime.
La météo annonce un mois de gelées terribles. Tant que dure l’hiver, que ces centres subsistent, devant leurs frères mourant de misère, une seule opinion doit exister entre hommes : la volonté de rendre impossible que cela dure. Je vous prie, aimons-nous assez tout de suite pour faire cela. Que tant de douleur nous ait rendu cette chose merveilleuse : l’âme commune de la France. Merci ! Chacun de nous peut venir en aide aux "sans abri". Il nous faut pour ce soir, et au plus tard pour demain : cinq mille couvertures, trois cents grandes tentes américaines, deux cents poêles catalytiques
Déposez-les vite à l’hôtel Rochester, 92, rue de la Boétie. Rendez-vous des volontaires et des camions pour le ramassage, ce soir à 23 heures, devant la tente de la montagne Sainte Geneviève. Grâce à vous, aucun homme, aucun gosse ne couchera ce soir sur l’asphalte ou sur les quais de Paris.
Merci ! »
(Abbé Pierre, 1er février 1954-Radio Luxembourg)

jean7288 26/01/2017 11:07

Avec toutes ces strates, ce serait mieux de déplacer ce "5 à 7" matinal à l'après-midi... de type réactualisé, je cite : « Longtemps réservé aux relations extraconjugales, le rendez-vous de 5 à 7 est remis au goût du jour. Pimentez votre vie amoureuse en organisant des rendez-vous secrets avec votre compagne ou compagnon, en pleine journée, pour une sieste crapuleuse. » ☺

LES VOIVRES 88240 26/01/2017 10:27

Il n'y a pas besoin de -20° pour mourir de froid dans un abri précaire ou dans la rue. L'hypothermie peut se déclencher avec des températures positives. Personnellement ma cuisine est chauffée, pas à 20° mais elle est chauffée, les matins quand je suis devant l'ordi de 5 à 7 j'ai un Tee-shirt, une chemise, un petit pull, un pull camionneur une blouse de travail et une doudoune sans manche, plus le bonnet. Je ferais concurrence au mille-feuille cher à nos usine à gazeux.