L'hiver arrive

par LES VOIVRES 88240  -  4 Janvier 2017, 04:57  -  #Qu'il est beau mon village

L'hiver arrive

C'est un parcours favori des In Bô. Ils descendent régulièrement sur leurs skateboards ou longboards, depuis le belvédère au-dessus de la Grande Fosse, jusqu'à La Forge de Thunimont. Il y  a cinquante ans, si cette route avait déjà été asphaltée, si leurs parents avaient eu les moyens d'en acheter, les élèves de La Grande Fosse qui allaient à pied à l'école à la Forge de Thunimont auraient pu utiliser le même moyen de locomotion.

Ils descendaient  et remontaient le coteau deux fois par jour en empruntant des sentiers qui coupaient à travers le bois sans tenir compte des tournants de la route.

Maintenant celle-ci est goudronnée mais l'école est fermée. Les élèves les plus jeunes de ce hameau vont à l'école à La Chapelle aux Bois et prennent le car de ramassage scolaire conduit par Christelle.

Maintenant la plupart des parents achèteraient certainement tous un skateboard à leurs enfants mais ceux-ci n'auraient pas le droit d'aller seuls à l'école. Les parents doivent les amener et les reprendre à l'arrêt du bus ou à l'entrée de l'école en s'assurant qu'ils sont bien pris en main par les responsables.

Quelquefois, il faut le reconnaître, les élèves empruntaient le chemin des écoliers comme le raconte Georges François dans la Chanson des Cerises, quand un beau soir, sous le prétexte de prendre un raccourci pour revenir au Moulin des Voivres, il musarda dans les prés avec Georges Etienne et n'arriva à la maison qu'à la nuit tombée.

Y a t'il eu des générations de parents complètement irresponsables prenant le risque que leurs enfants soient dévorés par le loup, emportés par un ours, enlevés par des Camps Volants ou violentés par un vagabond ? Sans aucun doute ces pères et mères au coeurs durs seraient ils jugés sévèrement maintenant où toutes les mesures sont prises pour qu'il n'arrive jamais rien de fâcheux à nos chères petites têtes blondes. Pas de violences à leur encontre, pas de harcèlement, pas de mise sous pression, pas question de les mettre en rapport avec la dure actualité qui n'est faite que de meurtres, de guerres et de brutalités.

Dans les faits on peut constater que si jamais depuis des siècles les villes et les campagnes française n'ont été aussi sûres, jamais non plus on n'a autant parlé autant parlé d'agressions. Si l'on regarde les homicides commis en France en 2015, le site trouvé  qui affiche un drapeau tricolore indique :

"-Il y a eu en France 912 homicides en 2015. C'est plus de 2,5 par jour."

Ces chiffres ne vous étonnent pas puisque grâce aux médias vous savez que chez nous çà rafale à tout va à chaque coin de rue. Il faut reconnaître que les terribles attentats commis sur notre sol ces deux dernières années doivent être pris au sérieux et amener chacun à être vigilant.
Il faut cependant relativiser ces données. Nous avons un taux d'homicides de 1,2 pour 100 000 habitants à comparer aux 4,2 pour 100 000 aux USA avec un record pour la Nouvelle Orléans où les chiffres sont 40 fois supérieurs à Paris.

Il est vrai que Hong-Hong avec 0,2 et le Japon avec 0,4 sont bien plus sûrs. Où diable sont passés les féroces Triades et Ninjas ?

Dans la réalité, c'est de ses proches que votre enfant devrait le plus se méfier, violences parentales, harcèlement à l'école, discrimination par ses camarades. Il risque plus chez lui ou dans une cour de récréation que dans la rue.

Notre attitude qui tend à privilégier des données faussées par l'éternelle tendance des médias à se vautrer dans l'horreur et le morbide n'est elle pas seulement le reflet de nos peurs ? Peur de l'autre, de la différence, de l'inconnu, du changement ?

La seule solution n'est elle pas de savoir dire non ?

Non à ceux qui prêchent la violence et veulent arriver au pouvoir sans avoir de programme mais en surfant sur cette crainte de l'autre. Dans ce cas de figure on peut mettre ensemble tous les partis politiques français.

Non à ceux qui ne croient pas à la capacité d'un enfant de s'assumer très tôt. Il est pourtant avéré que dans des situations extrêmes : guerres, emprisonnement en camps, catastrophes, accidents, des enfants très jeunes ont pu se prendre en main, survivre, en l'absence de leurs parents ou après leur mort et même s'occuper de leurs frères et soeurs. Pourquoi ne pourraient pas le faire dans la vie de tous les jours en étant de surplus guidés et assistés par leurs parents et le corps enseignant.

Il n'est pas question de transformer une salle de classe en cours de survie. Il serait bon toutefois que  l'enseignement scolaire et l'éducation parentale  soient une leçon de vie. C'est ce qu'avait voulu Freinet. C'est ce que ses adeptes pratiquaient et continuent de faire. Il est certainement plus important d'éveiller tous les potentiels d'un enfant que de l'enfermer dans une cage dorée pour se venger de toutes nos frustrations quotidiennes.

J'ai une vie de chien, je galère au boulot ou pour en trouver un, je suis en butte à un max de problèmes de société. Alors évitons cela à mes enfants le plus longtemps possible. Sauf qu'il arrive toujours un moment où il faut bien que les chers petits prennent leur envol. Il vaudrait donc mieux leur faire comprendre le plus tôt possible qu'ils ont tous un potentiel et qu'ils doivent s'exercer à l'utiliser.

Encourageons le à aller vers l'autre et à s'enrichir de sa différence, à l'aider en sachant qu'il apprendra lui aussi en même temps qu'il expliquera la leçon à son camarade, à  rêvez et à savoir qu'il a les capacités de réaliser ses rêves.

Cette année nous avons eu la chance de rencontrer des rêveurs. Toute la classe de CP de l'école Chantereine est tombée sous leur charme. il s'agit bien sûr de Pauline et Romain et de leur belle construction, La Maison qui Chemine. Entre les écoliers et eux le courant est passé. Ils voulaient voyager avec Maryse Huguette, venir à Les Voivres, voir les lutins, rencontrer les habitants. Ils seront là au mois de mars. En attendant ils ont dessiné et encore dessiné la Tiny House, des fleurs, des oiseaux, des lutins, des ours et des chats, sans se demander s'ils savaient ou pas tenir un crayon.

Arrêtons d'enfermer nos enfants derrière la sextuple muraille de nos peurs, de nos regrets, de notre ignorance, de nos préjugés que cultivent les bourreaux. Le jour où nous croirons en eux, nous saurons que nous aussi nous sommes capables de vivre debout.

 

 

 

 

La Chanson des Cerises. Récit de Georges François
La Chanson des Cerises. Récit de Georges François

La Chanson des Cerises. Récit de Georges François

L'hiver arrive

Fantaisie d’hiver

Le nez rouge, la face blême,
Sur un pupitre de glaçons,
L'Hiver exécute son thème
Dans le quatuor des saisons.

Il chante d'une voix peu sûre
Des airs vieillots et chevrotants;
Son pied glacé bat la mesure
Et la semelle en même temps;

Et comme Haendel, dont la perruque
Perdait sa farine en tremblant,
Il fait envoler de sa nuque
La neige qui la poudre à blanc.

Théophile Gautier

L'hiver arrive
L'hiver arrive
L'hiver arrive
L'hiver arrive
L'hiver arrive
L'hiver arrive
L'hiver arrive
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Evelyne 04/01/2017 22:10

Un nouveau maître ...
Un "nouveau camarade" dans la classe et c'est le bonheur assuré. Il suffit d'un événement, s'y attacher et les enfants sont alors capables de profiter de l'occasion donnée pour écrire comme ça s'est passé ce matin. Il faut faire confiance aux capacités des enfants et leur redonner les moyens de créer et produire.

jean7288 04/01/2017 17:59

« Georges François dans la Chanson des Cerises » : l’idée de présenter mes vœux à son épouse, à qui nous avions rendu visite en octobre dernier, me trottinait dans la tête depuis un bon moment et voilà que Bernard ressort "La Chanson des Cerises avec un texte « du Georges ». Illico, j'appelle « la Ginette » qui, surprise et contente, me rassure en m'affirmant qu'à l'approche de ses 90 ans, elle a toujours « bon pied, bon œil ». Elle venait tout juste de plumer un coq, attrapé tout de même à l'aide de son gendre.
Bref, une courte conversation mais un bon moment qui rend heureux !

LES VOIVRES 88240 04/01/2017 19:28

Oui elle a toujours bon pied, bon œil et très bonne mémoire. Je ne lui ai pas parlé quand j'ai distribué il y a quelques jours l'invitation aux vœux du maire mais je savais qu'elle se portait bien.